Inflation
Hausse générale et durable des prix, qui réduit le pouvoir d’achat de la monnaie.
Ce que mesure l’inflation
L’inflation est la hausse générale et durable des prix. On la mesure par l’évolution sur un an d’un indice des prix à la consommation (IPC en France, IPCH en zone euro, CPI aux États-Unis), qui suit le prix d’un panier représentatif des achats des ménages : alimentation, énergie, logement, services, biens manufacturés. Une inflation de 3 % signifie qu’il faut 103 euros pour acheter ce qui en coûtait 100 un an plus tôt.
D’où vient-elle ?
Trois sources se combinent. L’inflation par la demande : quand la demande dépasse ce que l’économie peut produire, les prix montent. L’inflation par les coûts : une hausse de l’énergie, des matières premières ou des salaires se répercute sur les prix de vente. Les anticipations enfin : si tout le monde s’attend à 5 % d’inflation, salaires et prix sont fixés en conséquence et la prophétie se réalise. C’est pourquoi les banques centrales tiennent tant à ancrer les anticipations autour de 2 %.
Pourquoi la cible est de 2 %
Une inflation nulle est risquée : les indices surestiment légèrement la hausse réelle des prix, et une économie proche de zéro bascule facilement en déflation, où les ménages reportent leurs achats. Une inflation forte érode l’épargne et brouille les signaux de prix. La BCE, la Fed et la Banque d’Angleterre visent donc 2 % à moyen terme : assez pour garder une marge de manoeuvre, assez peu pour préserver le pouvoir d’achat.
Ce que l’inflation change pour les marchés
Une inflation au-dessus de la cible pousse les banques centrales à monter leurs taux : les obligations existantes perdent de la valeur, les actions de croissance (dont les bénéfices sont lointains) souffrent, le dollar ou l’euro peuvent se renforcer. À l’inverse, un reflux de l’inflation ouvre la porte à des baisses de taux, favorables aux obligations et aux valorisations.
- IPC(t) : indice des prix du mois considéré
- IPC(t - 12 mois) : le même indice un an plus tôt
Votre épargne face à 4 % d’inflation
- Vous placez 10 000 € sur un livret à 3 % : un an plus tard, vous avez 10 300 €.
- Les prix ont monté de 4 % : ce qui coûtait 10 000 € coûte désormais 10 400 €.
- En pouvoir d’achat, vos 10 300 € valent 10 300 / 1,04 = 9 904 € d’hier.
Résultat : un gain nominal de 300 € mais une perte réelle d’environ 1 %.
le choc de 2022
Après la réouverture des économies et l’invasion de l’Ukraine, l’énergie et l’alimentation ont flambé. L’inflation de la zone euro a culminé à 10,6 % en octobre 2022, celle des États-Unis à 9,1 % en juin 2022, des niveaux inédits depuis le début des années 1980. La BCE a relevé son taux de dépôt de -0,5 % à 4 % en quatorze mois.
Erreurs fréquentes
- Confondre une baisse de l’inflation avec une baisse des prix : à 2 %, les prix continuent de monter, simplement moins vite.
- Juger un placement sur son rendement nominal : seul le rendement après inflation (réel) mesure l’enrichissement.
- Oublier les effets de base : un mois très élevé l’an dernier fait mécaniquement baisser l’inflation un an plus tard.
Questions et réponses
Quelle différence entre IPC et IPCH ?
L’IPCH est la version harmonisée de l’IPC, calculée selon les mêmes règles dans tous les pays de l’Union pour pouvoir les comparer. C’est elle que suit la BCE.
Pourquoi l’inflation ressentie paraît plus forte ?
On remarque surtout les achats fréquents (carburant, alimentation), plus volatils que la moyenne, et chaque ménage a son propre panier.
Rédaction Notitia · pédagogie, pas un conseil en investissement.