Malgré une inflation à 3,7%, la Réserve fédérale américaine maintient ses taux inchangés avant les élections de mi-mandat
À quelques jours des élections de mi-mandat, la Fed maintient ses taux malgré une inflation persistante.
C'était attendu. À quelques jours des élections de mi-mandat aux États-Unis, la banque centrale américaine a opté pour un statu quo sur ses taux directeurs mercredi, par dix voix contre deux, en dépit d'une inflation plus élevée que sa cible. Seules la gouverneure Lisa Cook et la présidente de la Fed de Cleveland Beth Hammack souhaitaient une hausse d'un quart de point.
Les investisseurs prévoyaient que la Réserve fédérale (Fed) fasse une telle pause après avoir serré la vis en septembre (d'un cran pour atteindre entre 3,75% et 4%), et avant de décider d'une possible nouvelle hausse lors de la dernière réunion de l'année, début décembre. Cette décision ne fera toutefois pas l'unanimité, alors que la hausse des prix à la consommation a accéléré à 3,7% sur un an, largement en raison du choc énergétique qui a suivi le déclenchement par le président Donald Trump d'une guerre au Moyen-Orient. Le président américain réclame toutefois inlassablement des taux plus bas pour stimuler l'économie, jugeant exagérée la crainte que cela nourrisse l'inflation, supérieure à l'objectif de la Fed (2%) depuis plus de cinq ans.
Quand la banque centrale a relevé les taux en septembre, pour la première fois depuis l'été 2023, le président a dénoncé une décision visait à lui nuire avant les élections, que son camp risque de perdre. Kevin Warsh a échappé à ses foudres. Trump lui-même l'a nommé à la tête du comité de politique monétaire, qui compte douze votants.
Forte pression politique Avant la décision de la Fed, Wendy Edelberg, chercheuse à la Brookings Institution, estimait que la Fed préfèrerait sans doute ne pas s'exposer en cette période. Attendre six semaines supplémentaires avant d'augmenter les taux "ne change pas énormément les choses sur le plan économique", disait-elle auprès de l'AFP. Cela évite en revanche aux responsables monétaires "de se retrouver au coeur du débat politique juste avant une élection, ce qui ne rend service à personne", raisonnait Wendy Edelberg.
Pendant sa campagne victorieuse de 2024, Donald Trump avait promis d'améliorer le pouvoir d'achat et de faire plonger les coûts d'emprunt, notamment pour permettre à un maximum d'Américains d'accéder au rêve de la maison individuelle. Pour la plupart des économistes, ses politiques (droits de douane, guerre contre l'Iran) ont toutefois eu un impact direct sur les prix aux États-Unis et incité les prêteurs à demander des taux d'intérêt plus élevés pour éviter que l'inflation ne grignote leurs gains futurs.
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