Est-ce que vous gagnez plus que vos parents à 30 ans? Avant c'était le cas de 95% des Français, maintenant c’est plus que 58%, mais est-ce vraiment la preuve qu'on vivait mieux avant?
Dans tous les pays développés, la proportion d'individus percevant à 30 ans des revenus supérieurs à ceux de leurs parents au même âge ne cesse de diminuer. Le ralentissement de la croissance économique depuis la…
En France, en Italie, en Allemagne… Chez nous comme chez nos voisins, les manifestations des dernières semaines ont principalement été motivées par les profondes préoccupations des Européens sur le coût de la vie et ses conséquences pour leur pouvoir d’achat. "On a un problème de pouvoir vivre dignement de notre travail", a résumé sur BFMTV, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT. Avec pour conséquence un sentiment de plus en plus partagé au sein du Vieux continent: celui du déclassement.
Dans l’Hexagone, cette crainte de ne plus parvenir à vivre mieux que les générations précédentes est déjà nettement majoritaire. D’après une étude du Haut-commissariat au Plan publiée fin 2025, trois Français sur quatre jugeaient que "c’était mieux avant". Et deux tiers des jeunes de moins de 35 ans souscrivaient également à cette vision décliniste, alimentée par le triste constat selon lequel "le travail ne paie plus", ou du moins plus assez pour augmenter significativement son niveau de vie.
Une réalité qui se reflète en partie dans les chiffres. Selon une étude menée en 2022 par Yonatan Berman, maître de conférences en économie au King's College de Londres, 58,5% des Français nés en 1984 percevaient à 30 ans des revenus réels (après prise en compte de l’inflation) supérieurs à ceux de leurs parents au même âge. C’est certes plus de la moitié mais nettement moins que les plus de 95% de la génération née en 1944, ou que les 74% de la génération 1965.
Le ralentissement de la croissance a pesé sur les augmentations de salaires Faute de données disponibles, cette mesure de la "mobilité absolue" - qui évalue ici dans quelle mesure les individus vivent mieux ou moins bien que leurs parents à l'aune des revenus - ne dit "rien sur les personnes qui ont aujourd’hui entre 20 et 35 ans", explique Yonatan Berman à BFM Business. Il est donc "difficile d’être catégorique mais le taux est probablement resté à un niveau bas, compris entre 55 et 60%" compte tenu de la tendance à la baisse observée sur le temps long. Dit autrement, l’ascenseur social fonctionne toujours mais de moins en moins vite.
Car "la mobilité absolue dépend de la croissance économique et de la répartition" des fruits de cette croissance, précise Gustave Kenedi, économiste senior à l’Institut des politiques publiques (IPP). Or dans le cas de la France, le déclin "s’explique principalement - bien que pas exclusivement - par le ralentissement de la croissance, plutôt que par l’accroissement des inégalités de revenus qui a joué un rôle moindre", observe Yonatan Berman. Les générations entrées sur le marché du travail dans la seconde moitié du XXe siècle ont en effet profité à plein de la croissance dynamique des Trente glorieuses (plus de 5% par an entre 1949 et 1974).
Pas encore recoupée
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- BFM Business8 nov., 06:59
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