Ils pompent l'eau de l'océan, l'envoient à 4.400 mètres d'altitude en traversant un désert: le chantier dantesque du Chili à 3,5 milliards de dollars pour relancer une mine de cuivre
Pour continuer à extraire du cuivre dans l'un des déserts les plus arides de la planète, une compagnie minière chilienne a entrepris un chantier spectaculaire : dessaler l'eau de l'océan Pacifique avant de l'acheminer…
Faire remonter l'eau de l'océan jusqu'au sommet des Andes. C'est le défi industriel que s'est lancé la compagnie minière chilienne Collahuasi, qui exploite l'un des plus importants gisements de cuivre au monde. Dans le nord du Chili, au milieu du désert d'Atacama, l'entreprise va construire un gigantesque système hydraulique capable de transporter de l'eau depuis les côtes du Pacifique jusqu'à ses installations minières, situées à plus de 4.
400 mètres d'altitude. Un chantier titanesque estimé à 3,5 milliards de dollars, dont environ un milliard pour la seule construction des 194 kilomètres de canalisations et des stations de pompage chargées de faire grimper l'eau du Pacifique jusqu'à 4. 400 mètres d'altitude.
Baptisé C20+, cette construction doit permettre à la mine de poursuivre son activité pendant au moins 20 années supplémentaires, comme l'explique le média argentin Uno. Le plus impressionnant reste le trajet que doit parcourir l'eau : depuis le littoral chilien, elle traverse l'un des territoires les plus secs du monde avant de grimper progressivement dans la cordillère des Andes. Tout commence à Puerto Patache, sur la côte Pacifique, dans le nord du Chili.
C'est là qu'une usine de dessalement doit traiter l'eau de mer pour alimenter les installations minières de Collahuasi. Développée par le groupe espagnol Acciona, cette installation est conçue pour produire 1. 050 litres d'eau douce par seconde.
Des conditions météorologiques difficiles Mais produire cette eau ne constitue que la première difficulté. Encore faut-il la transporter jusqu'à la mine d'Ujina, située dans les Andes. Pour cela, l'entreprise de construction Techint a donc dû déployer cette canalisation de près de 200 kilomètres de longueur, d'un diamètre d'environ 1,10 mètre.
Le pipeline traverse des paysages désertiques, des zones montagneuses et des terrains particulièrement difficiles d'accès. Sa construction a nécessité des opérations de terrassement, de soudage et d'installation d'équipements dans des conditions climatiques extrêmes. La principale difficulté est évidemment de faire monter l'eau du niveau de la mer à une altitude proche de celle du Mont Blanc.
Car contrairement à un pipeline classique qui transporte un liquide sur un terrain relativement plat, celui de Collahuasi doit franchir plusieurs milliers de mètres de dénivelé. Pour y parvenir, Techint a construit cinq stations de pompage successives, chargées à chaque étape de fournir la pression nécessaire à l'ascension de l'eau. Le système comprend également six installations de drainage et une station de transfert équipée d'un réservoir d'environ 49.
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- BFM Business8 nov., 13:03
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