Ils alertent sur une chute colossale des récoltes: en Amérique latine, les producteurs de bananes étranglés par El Niño et la flambée des coûts
En Amérique latine, les effets du changement climatique fragilisent les producteurs de bananes et font chuter les récoltes. Une crise qui ravive la question du prix payé aux producteurs, alors que les coûts de…
Les producteurs de bananes d’Amérique latine sont inquiets. Et pour cause: les conséquences de la crise climatique se font sentir, avec de fortes baisses de production dues aux conditions météorologiques extrêmes provoquées par l’épisode El Niño de cette année. Selon la Fairtrade Foundation, un organisme de commerce équitable.
Les fortes pluies au Pérou et en Équateur, les vents violents en Colombie et les risques de sécheresse en République dominicaine fragilisent déjà les cultures. Les précédents épisodes d’El Niño témoignent de l’ampleur des conséquences: la productivité agricole avait chuté de 13% en République dominicaine, de 22% en Équateur et de 6% au Pérou. En 1983, l’un des épisodes les plus violents jamais enregistrés, 15% des plantations de bananes en Équateur avaient été touchées, entraînant une baisse de 36% des exportations.
Les chiffres confirment les inquiétudes du secteur. Entre juillet et septembre, les exportations de bananes de la région caraïbe de Colombie ont chuté de 32%, à 122 millions de dollars, précise The Guardian. En septembre, les expéditions ont même reculé de 42% sur un an, tandis que les recettes sont passées de 70 à 40 millions de dollars, selon l’association des producteurs de Magdalena et La Guajira.
Des pertes à prévoir "Ces dix dernières années, le climat a beaucoup changé. Il fait de plus en plus chaud… c’est vraiment intense. Certaines régions ont subi des pertes à cause du climat: inondations, vents violents.
Cela va nous affecter tous (nos travailleurs, nos collègues) tout sera fortement menacé et nos salaires vont baisser", a déclaré à Fairtrade Ever Antonio Flores Muños, employé chez le producteur de bananes Agrosiete en Colombie. Même constat pour Juan David Ortiz, qui exploite deux fermes dans le département du Quindío, en Colombie. Interrogé par France Culture, il explique avoir dû adapter ses pratiques face aux sécheresses et aux pluies torrentielles: modification du calendrier des semis, fertilisation accrue et installation de réservoirs d’eau.
Malgré ces précautions, il prévoit déjà plus de 50% de pertes sur ses cultures de bananes plantain. La pénurie d’eau touche également les villes. À Medellín, une dizaine de quartiers subissent des coupures depuis 40 jours.
Les autorités maintiennent ces restrictions afin de préserver les réserves d’eau en prévision de la période la plus critique du phénomène El Niño, attendue à partir de décembre. Une "nécessité" de revoir les prix des bananes Face à cette situation, des associations appellent les marchés internationaux à garantir des conditions commerciales prenant en compte les coûts réels de production. Elles alertent sur une menace croissante pour la viabilité économique de la filière, fragilisée par les pertes de productivité liées au climat et la baisse des revenus à l’exportation.
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- BFM Business8 nov., 17:18
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