Possible augmentation du SMIC lors de la conférence sociale : "22 euros, c'est 73 centimes par jour", rappelle Rokhaya Diallo, la directrice de publication de Politis
Les invités du "Duel" du dimanche 8 novembre, Rokhaya Diallo, directrice de publication de Politis et éditorialiste au Guardian, et Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de "Valeurs Actuelles", confrontent…
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité. Franceinfo : Bonsoir Rokhaya Diallo, présidente de "Politis", éditorialiste au Guardian, vous débattez avec Charles Sapin, directeur adjoint de "Valeurs actuelles".
22 euros, c'est peut-être le chiffre qu'annoncera [lundi 9 novembre] Sébastien Lecornu lors du rendez-vous à Matignon avec les partenaires sociaux. 22 euros net de plus pour le salaire minimum, pour le porter à 1 500 euros net. Pour Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, tout ce que demandent les autres syndicats — + 150 euros, + 100 euros, porter le SMIC à 1 700 euros net — détruirait plus de 230 000 emplois.
Et surprise, Marine Le Pen est d'accord avec lui. Ça vous surprend, Charles Sapin, que Marine Le Pen s'oppose à la hausse du SMIC ? Dans la rue jeudi dernier, il y avait sans doute beaucoup de ses électeurs qui n'arrivent plus à finir les fins de mois.
Charles Sapin : Vous avez raison, mais tous ces électeurs ne sont pas au SMIC et le problème, c'est que tous les candidats à la présidentielle sont à égalité face à la réalité de la situation financière du pays. Tout le monde sait qu'il y a un mur de la dette avec des déficits dont on a perdu le contrôle, donc on ne peut pas promettre n'importe quoi. Et là, vous avez une conférence sociale convoquée par le Premier ministre, le ministre du Travail...
Mais ça va être un théâtre d'ombres. On voit bien que le gouvernement n'a plus les moyens, ni politiques, ni financiers, de faire un geste. Ils n'ont plus les moyens politiques parce qu'ils n'ont plus de majorité à l'Assemblée.
Et ils n'ont pas les marges de manœuvre financières parce que la dette est là, les déficits sont là. On a vu que les OAT, ce à quoi la France emprunte à moyen terme, sont en train d'exploser. Alors la CGT, la CFDT, fidèles à elles-mêmes, réclament une augmentation du SMIC.
Mais ce serait une catastrophe économique. Si vous augmentez de 200 euros le SMIC... Personne n'a réclamé 200, on est à 150 maximum pour la CGT.
Si je dis 200, c'est parce que c'est pour que les gens comprennent bien l'ordre d'idée. C'est 150 euros de charges patronales en plus, à un moment où toutes les entreprises sont déjà asphyxiées par des charges patronales qui sont les plus importantes de tous les pays de l'OCDE. Là, on est à une année où vous avez eu 70 000 entreprises qui font faillite.
C'est un chiffre record depuis ces dernières années. C'est une augmentation de 4%. Si vous augmentez les charges patronales, ça va être des fermetures d'entreprises en plus.
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- Franceinfo8 nov., 20:03
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