« Justice a été rendue ! » : la chute de Santiago Peña, président destitué du Paraguay, après l’effondrement d’une banque en ligne
Destitué après la débâcle de l’Ueno Bank, une banque en ligne, qui a floué des millions d’épargnants, le désormais ex-président du Paraguay Santiago Peña a été placé en détention préventive. Les banques étant ouvertes…
Le président destitué du Paraguay Santiago Peña a été placé, samedi 7 novembre, en détention préventive, dans la foulée de son inculpation en lien avec la débâcle de l’Ueno Bank qui a lésé des millions d’épargnants.
L’ex-président sera détenu pour le moment dans une installation militaire de la garde présidentielle, où il avait été transféré vendredi soir pour raisons de sécurité, après avoir été initialement assigné à résidence après sa destitution, a indiqué le juge en charge de l’affaire Hernan Otazu. Samedi, il avait déjà été inculpé d'« abus de confiance » et de « gestion à des fins personnelles », de même que l’ex-président de la Banque centrale Carlos Carvallo.
Selon des extraits de l’acte d’accusation auquel l’Agence France-Presse a eu accès, il est reproché à Santiago Peña, qui, jusqu’à 2025 détenait des actions dans une holding propriétaire de la banque, d’avoir présidé à « une augmentation et une concentration importantes de fonds publics et de fonds de pension » dans Ueno Bank, pour l’équivalent de plus de 800 millions de dollars.
Président conservateur du Paraguay depuis 2023, proche allié de Washington, Santiago Peña, 47 ans, dont le mandat s’achevait en 2028, a été reconnu coupable à l’unanimité par le Sénat de « mauvais exercice de ses fonctions » et destitué. La crise bancaire, qui a rapidement viré à la crise politique, a éclaté mardi 3 novembre avec la mise sous tutelle pour insolvabilité par la Banque centrale (BCP) d’Ueno Bank, une banque en ligne florissante ces dernières années.
L’intervention de la BCP a gelé les dépôts de près de trois millions de personnes — le nombre de clients que revendiquait Ueno — soit près de la moitié de la population du pays. Des entreprises, des institutions et des fonds de pension ont aussi été affectés. Investi dans la foulée de la destitution de Santiago Peña, son vice-président jusqu’alors, Pedro Alliana, 52 ans, a affirmé devant le Sénat que « les compatriotes qui traversent une situation très difficile à cause du chaos financier seront pleinement indemnisés. Nous ne le laisserons pas seuls ».
Samedi, la Banque centrale a annoncé que près de 1,2 million de petits épargnants floués avaient récupéré leur argent grâce à des versements du Fonds de garantie de la BCP sur des comptes ouverts dans d’autres banques. Ces décaissements totalisent à ce jour environ un milliard de guaranis (160.000 dollars), a indiqué sur X Pedro Alliana.
Des dédommagements se poursuivent par étapes, à commencer par les petits comptes détenus chez Ueno. Les agences de plusieurs banques paraguayennes sont restées exceptionnellement ouvertes ce week-end, a annoncé la BCP. « J’ai poussé un soupir de soulagement quand je suis venue à la banque et que j’ai pu m’assurer que mon argent était en lieu sûr », a déclaré Isabel Figueredo à l’AFP en quittant l’établissement vers lequel ont été crédités des fonds.
Pas encore recoupée
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- La Tribune8 nov., 18:25
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