Face aux géants du cloud, Apple mise sur une IA locale pour relancer Siri
CHRONIQUE - Critiquée pour son retard dans l’intelligence artificielle générative, la firme de Cupertino défend un modèle hybride reposant sur ses propres puces et un recours limité au cloud.

Ces derniers mois, Apple a été beaucoup critiqué pour ne pas avoir su prendre le virage des intelligences artificielles génératives avec son assistant vocal Siri. Sur le plan conversationnel, il aurait pourtant pu largement profiter des avancées de ces IA. Le groupe a d’abord essayé d’apprendre en faisant affaire avec OpenAI, puis, au début de cette année, a semblé rendre les armes en annonçant que ce serait désormais Gemini de Google qui serait derrière son assistant.
Les grands principes de protection des données privées qu’Apple avait énoncés pour différencier Siri il y a quinze ans allaient voler en éclats. Pourtant, lors de son rassemblement annuel de développeurs, du 8 au 12 juin, la firme à la pomme a réaffirmé ses positions en centrant sa stratégie sur l’intelligence artificielle embarquée, valorisant quinze ans de développement de puces personnalisées comme un atout distinctif face aux investissements massifs de l’industrie dans les infrastructures cloud.
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Alors que des concurrents comme Meta ou Microsoft injectent des dizaines de milliards dans des centres de données, Apple entend démontrer que l’iPhone, l’Apple Watch et le Mac peuvent exécuter des modèles d’IA localement, réduisant ainsi la dépendance à de coûteux serveurs.
Cette approche présente plusieurs avantages. D’abord, le traitement local minimise l’exposition des données personnelles à des tiers et empêche les régies publicitaires de monétiser ces informations. Prends ça, Google. Et sur le plan stratégique, cela permet surtout à Apple d’éviter les dépenses colossales de ses pairs : l’an dernier, il a consacré moins de 13 milliards de dollars à ses investissements, contre 72 milliards pour Meta ou 88 milliards pour Microsoft.
Néanmoins, il ne peut pas se passer totalement du cloud. Les requêtes complexes du nouveau Siri nécessiteront toujours une puissance de calcul distante, et seront traitées sur Google Cloud. Afin d’y préserver la vie privée, Apple a récemment validé la nouvelle technologie de Nvidia, qui chiffre les données et les modèles d’IA pendant leur traitement au sein des puces Nvidia de Google Cloud.
Malgré les déboires initiaux de son IA Apple Intelligence et les retards de Siri, la firme de Cupertino construit donc discrètement ce qui pourrait devenir le plus grand réseau distribué au monde. Les analystes estiment que l’entreprise détient déjà environ 50 milliards de dollars de capacité de calcul répartie sur des milliards d’appareils financés par les utilisateurs.
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Dans cette optique, elle utilise un processus de distillation pour entraîner une version réduite de Gemini destinée à fonctionner sur ces produits et explore l’acquisition de start-up comme Liquid AI, spécialisée dans la compression de modèles pour exécution locale. En ces temps de doutes quant à la viabilité d’IA toujours plus gourmandes et de craintes d’explosion de cette bulle, Apple développe un modèle hybride : Google Cloud, avec puces Nvidia, pour les charges les plus lourdes, et puces personnalisées d’Apple pour le reste en périphérie. Pari gagnant ?