Présidentielle 2027: le duo tourne au cafouillage d’enfer entre Le Pen et Bardella
Le Rassemblement national ne sait pas encore quel sera son candidat pour l’élection présidentielle de 2027, suspendu au résultat du procès en appel de Marine Le Pen.

Le 7 juillet donc, bientôt, l’on saura si Marine Le Pen pourra ou non être candidate à l’élection présidentielle 2027, en fonction du verdict de la cour d’appel dans l’affaire des parlementaires européens. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, prendra sa place si elle était condamnée. Mais l’incertitude devient difficile à vivre pour eux deux ; les tensions s’accroissent même si l’une et l’autre, ainsi que leurs partisans, tentent de sauver les apparences. Les principaux dirigeants du RN ont récemment tenu séminaire pour calmer le jeu et harmoniser les positions.
« Tout va très bien », protestent-ils tous, en chœur de… faussets. Car les fausses notes se multiplient. Le duo Bardella-Le Pen tourne au duel et à la pétaudière entre les partisans de l’une et de l’autre. Ce parti qui, littéralement, ne sait plus où donner de la tête puisqu’il y en a deux. Or, jusqu’ici, dominait le culte du chef ou plutôt de la « cheffffe. » On vous jurait il y a peu encore qu’ils devaient faire la paire. Mais se multiplient les impairs. L’autorité sans partage de « la patronne » ne cesse d’être contestée et même démentie ces derniers jours par celui qui pourrait prendre sa place de candidate.
Cette possible substitution a engendré plus qu’un malaise, un cafouillage d’enfer. En fait, ce passage de témoins entre « l’ancienne » et « le nouveau » a déjà été acté par les électeurs- sans pitié. Dans les sondages mesurant le premier tour de la future présidentielle, on mesure désormais au ressenti deux à trois points de plus qu’à l’héritière. Cette préférence manifeste est, sinon un crime de lèse-majesté, du moins une blessure : on lui préfère ce jeune blanc-bec alors qu’elle a mis des années à construire et bétonner son socle de popularité. Cruel… Marine Le Pen affecte pourtant de ne pas en être affectée puisque « Jordan » est « sa créature ». Pourtant elle sent bien qu’il lui échappe, et peut-être même est-ce nécessaire pour obtenir l’Élysée demain.
Ce n’en est pas moins insupportable à vivre, après tant d’années de sacrifices depuis la plus tendre enfance. Voir ainsi un « freluquet » lui dérober, peut-être, le saint Graal sous le nez… La justice, décidément, n’est pas de ce monde politique. Le cas est d’autant plus difficile que le prétendant, sans vergogne, n’hésite pas à affirmer sa propre ligne, beaucoup plus droite-libérale que celle de la « patronne » qui campe, elle, sur des positions grosso modo sociale-étatistes.
Ainsi des contradictions se sont manifestées, d’abord sur la réforme des retraites. Jordan Bardella a, sans hésiter, touché au dogme. Il faudrait, selon lui, revoir l’âge de départ fixé à 62 ans, un totem pour le parti mariniste. Par terre, le totem ! Désireux de plaire au patronat, il n’a pas hésité à affirmer : « l’âge de départ ne veut rien dire ». Alors tous les dirigeants du RN se sont aussitôt succédé pour psalmodier la même contre-vérité, à savoir qu’il n’y avait « aucune différence entre Marine et Jordan ». Pourtant la contradiction sautait d’autant plus aux yeux et aux oreilles que le président du RN avait déjà affiché ses penchants dissidents en s’affirmant opposé à l’idée de taxer les super profits des grands groupes pétroliers. Le meilleur « ami » du patronat et de la droite, c’est lui, Bardella, alors que Marine Le Pen campe toujours sur sa défense du « petit peuple » et sur son refus de se ranger à droite.
Grand Prix de Monaco de F1 pour Bardella durant la marche blanche pour Lyhanna
Pendant ce temps, Bardella ne cesse de prôner « l’union des droites ». Ces deux-là sont désormais désaccordés, fréquemment. On a pu le constater une nouvelle fois quand Jordan Bardella a demandé la démission du ministre de la justice, Gérald Darmanin, alors que Marine le Pen, plus sage, répétait en boucle : « on ne peut pas faire appel à la démission en permanence, ça ne servirait pas à grand-chose » Ce qui a en revanche servi à provoquer un plus grand malaise encore, ce sont les photos festives de Jordan Bardella et de sa compagne, la Princesse des Deux Siciles, lors du Grand prix de Forule 1 à Monaco. Désordre ? Grand désordre. Car le même jour se tenait la marche blanche pour Lyhanna. On ne pouvait faire plus décalé, plus bling bling, alors même que la France était saisie de chagrin et de colère. Le bling bling, c’était l’accusation de l’extrême droite contre Nicolas Sarkozy, contre son trop grand gout pour l’argent. Voilà que l’accusation revient en boomerang avec cette question troublante : le RN peut-il s’afficher comme le parti des riches ?
Opération de normalisation et bascule dans le registre people : Quand Jordan Bardella rejoue les feux de l’amour dans Paris Match