Île-de-France : comment les vagues de chaleur influent sur la fréquentation des transports en commun
Une étude conduite notamment par l’Institut Paris Région montre que, lors de deux épisodes récents de fortes chaleurs, en septembre 2023 et en juin-juillet 2025, l’usage du bus a reculé de 8 à 20%, et celui du RER et du

Après une première vague de canicule précoce qui a frappé la France le mois dernier, un nouvel épisode de chaleur arrive dès ce samedi sur le sud du pays. Il devrait toucher Paris et l’Île-de-France à partir du milieu de la semaine prochaine, et avoir des conséquences sur la fréquentation des transports en commun. En effet, une récente étude conduite notamment par l’Institut Paris Région montre comment les aléas climatiques (canicule, mais aussi pluie et neige) influencent les comportements des voyageurs.
Les données de mobilités collectées entre 2023 et 2025 ont permis de mettre en lumière ce que l’étude appelle la «météo-sensibilité» des modes de transport. En ce qui concerne les transports en commun, leur fréquentation «est assez stable entre 0 et 25 °C, puis diminue progressivement lorsque la température augmente». Dans le détail, c’est l’usage du bus qui recule le plus significativement à 30 °C par rapport à 14 °C en semaine (-11%), devant le tramway (-7%) et le RER et le train (-4%).
L’étude, à laquelle a également participé Transilien SNCF Voyageurs, montre toutefois qu’«en cas de forte chaleur un jour ouvré, la baisse pour le RER et le train représente (... ) près de 150. 000 voyages, soit plus que la fréquentation totale de la ligne N».
Quid en cas de très fortes chaleurs ? L’étude a observé les comportements des usagers lors de deux épisodes qui se sont produits ces dernières années : du 2 au 10 septembre 2023, lorsque la température maximale avait été supérieure à 30 °C pendant neuf jours consécutifs, culminant à 35 °C, et du 28 juin au 2 juillet 2025, avec un pic à 38 °C le 1er juillet. Là aussi, le bus est le plus affecté (de -8 à -20 %), suivi cette fois du RER et du train (-12 %).
Le métro est paradoxalement moins touché, avec une baisse maximale de 8%. Le trafic routier, lui aussi, peut reculer jusqu’à 8% lors des fortes chaleurs. » LIRE AUSSI - TGV immobilisés, retards, annulations...
Pourquoi la SNCF ne semble pas armée face aux épisodes de fortes chaleurs ? Une stratégie privilégiée : le télétravail Ainsi, cette étude montre que l’impact à la baisse des vagues de chaleur sur la fréquentation des transports est plus faible que celui des aléas hivernaux (neige, verglas, pluie). Malgré tout, la canicule est considérée par les Franciliens comme l’aléa climatique le plus pénible, tant du point de vue physique que psychologique, ceux-ci soulignant notamment la dégradation de leur sommeil.
«En ce qui concerne la mobilité, les transports en commun deviennent des espaces d’inconfort lorsqu’ils ne sont pas climatisés ou en cas de forte affluence», relève l’étude. Avec des effets également sur les entreprises, qui «citent des salariés très stressés, et pointent les conséquences sur les conditions de travail et la productivité». Pour améliorer le confort des voyageurs, Île-de-France Mobilités (IDFM) investit ces dernières années dans la climatisation (ou la ventilation) des rames.
Trois quarts des RER et trains en sont aujourd’hui équipés, de même qu’un métro sur deux, avec l’objectif d’atteindre 100% d’ici 2035. En cas d’aléa climatique, qu’il soit estival ou hivernal, la première stratégie des Franciliens est le télétravail. «Lors des canicules en particulier, deux tiers des télétravailleurs préfèrent rester à domicile, soit pour éviter la chaleur pendant le trajet (pour 49 %), soit parce que la température à leur domicile est plus supportable que sur leur lieu de travail (pour 25%)», explique l’étude.
Parmi ceux qui choisissent de se rendre sur leur lieu de travail, 60% justifient ce choix par le fait que ce dernier est climatisé, et 19% par nécessité liée à leur activité. Ce rapport montre donc comment les événements climatiques extrêmes creusent les inégalités au travail, entre ceux qui peuvent télétravailler et restent chez eux ces jours-là, et ceux qui ne le peuvent pas et doivent se rendre au travail peu importent les conditions. «Un tiers des actifs employés et ouvriers ont (...
) déjà perdu une partie de leur rémunération salariale ou un jour de congé à cause de difficultés pour se rendre sur leur lieu de travail lors d’aléas climatiques, contre 19% pour les autres catégories d’actifs», souligne ainsi l’étude.