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Le flatteur de la fable a trouvé son relais numérique. La police de Gifhorn a rendu l’histoire publique lundi 26 octobre et elle tient en quatre lignes. Elle rejoint le long catalogue des faux placements crypto qui ciblent les particuliers européens et y ajoute une variante culottée. La société ne vend aucun investissement, elle annonce au destinataire qu’il est déjà riche.
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La police ne donne ni son nom ni son âge. Notre homme ne demande pas la lune. Il veut donc encaisser une partie du magot. La société se montre compréhensive et lui propose « plus de deux millions d’euros ». Il faut simplement régler une caution de « plus de 100 000 euros » pour débloquer le virement. Logique implacable de l’escroc, qui ne libère pas deux millions sans un petit geste.
Le virement part. Puis, silence radio. Plus personne au téléphone, plus personne sur la messagerie. La victime a fini par pousser la porte du commissariat, et la Polizeiinspektion Gifhorn a publié son avis le 26 octobre avec une phrase qu’on devrait graver au fronton des banques. « Ne virez jamais d’argent pour débloquer un versement. » L’agence dpa, qui a repris l’affaire le jour même, ajoute que « toutes les sonnettes d’alarme » auraient dû retentir. Le montant exact du virement n’a pas été communiqué, pas plus que le nom de la société qui a empoché les 100 000 euros .
Car le piège fonctionne pour une raison simple : le chiffre colle presque à la réalité. À environ 81 500 dollars le bitcoin ce mercredi matin selon CoinGecko, 25 BTC pèsent un peu plus de deux millions de dollars. Comptez autour de 1,8 million d’euros. L’escroc a arrondi l’addition à la hausse, mais l’ordre de grandeur sort tout droit du marché.
Derrière le mot allemand « Cybertrading-Betrug » se cache la mécanique la plus rentable de l’arnaque crypto, j’ai nommé le faux retrait payant. D’abord un solde fictif qui grimpe sur un tableau de bord bien léché. Puis, au moment du retrait, une avalanche de frais : impôts à régler d’avance, « frais de conformité », assurance, caution. Ainsi, chaque paiement débloque la promesse du suivant. La version de Gifhorn saute l’étape du faux trading pour aller droit à la caisse, sur l’air de « vous êtes déjà riche, payez pour le prouver ».
La parenté saute aux yeux avec ce service de récupération de tokens perdus qui était lui-même une arnaque . Même famille, celle qui monétise l’espoir plutôt que la cupidité. En effet, la victime n’a pas cherché à s’enrichir vite, elle a cru à un héritage numérique.
Les régulateurs européens croulent sous les cas voisins. L’AMF a ajouté 26 adresses à sa liste noire au troisième trimestre 2026, 64 depuis janvier, dont plusieurs « robots de trading IA » et un faux site d’information, d’après son communiqué du 19 octobre. Et les promesses comme les frais de sortie y sont les mêmes qu’à Gifhorn.
Un seul réflexe aurait suffi. Un portefeuille bitcoin se vérifie publiquement sur n’importe quel explorateur de blockchain. Si quelqu’un vous jure que vous détenez 25 BTC, demandez l’adresse et regardez le solde. Un vrai bitcoin se déplace avec une clé privée , jamais avec une caution.
La police de Gifhorn n’a pas précisé si le virement pouvait encore être bloqué, et l’enquête est confiée au commissariat de la ville. Pourtant, les autorités allemandes savent très bien ce que valent de vrais bitcoins. En 2024, la justice saxonne avait saisi près de 50 000 BTC dans l’affaire Movie2k avant de les revendre pour un peu moins de trois milliards de dollars. Vingt-cinq de ces bitcoins-là valaient déjà 1,4 million de dollars à l’époque.
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Tombée dans le terrier du lapin blanc en 2017, je suis passée de lectrice assidue à Rédactrice en chef du Journal du Coin. J’aime m'investir dans les coulisses de projets pour porter ma vision d'un futur décentralisé. Amoureuse des belles lettres, je coordonne nos équipes pour transformer la complexité technique en une information humaine, précise et sans jargon inutile. Entre entrepreneuriat et rédaction, ma mission est claire : vulgariser demain, mais le faire aujourd'hui.
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