L'UE veut être "fermée à ceux ayant participé à l'invasion de l'Ukraine": la France a délivré en 2025 à elle seule près d'un tiers des visas accordés aux Russes par les 27
Dans le cadre d'un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, l'Union européenne pourrait interdire l'entrée sur son territoire aux personnes ayant servi dans l'armée russe depuis le début de l'invasion de l'Ukraine,

Va-t-on entendre parler russe sur nos lieux de vacances cet été? C'est loin d'être impossible malgré les sanctions imposées par l'Union européenne au régime du Kremlin depuis le début de l'invasion de l'Ukraine à grande échelle en février 2022. Selon le média spécialisé Euractiv, 620.
000 Russes ont obtenu en 2025 un visa pour entrer dans un pays de l'Union européenne, surtout pour du tourisme. Ce chiffre est en hausse de 10,2% par rapport à 2024, alors que la guerre se poursuit en Ukraine. Le pays qui en accorde le plus est la France, qui, à elle seule, en a délivré environ 30% l'année dernière.
Vers de "nouvelles mesures restrictives" Ce mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de nouvelles mesures visant le pétrole russe et pour la première fois des sanctions dans le domaine de la pêche, ainsi que d'allonger la liste des entreprises chinoises interdites de commerce avec l'UE. Nouveauté, il a aussi été suggéré "pour la première fois" d'interdire à toute personne ayant servi dans l'armée russe depuis février 2022 d'entrer dans le territoire de l'UE. Objectif: "que l'Europe reste fermée à quiconque ayant participé à l'invasion de l'Ukraine", selon Ursula von der Leyen.
Les pays baltes poussent pour cette mesure depuis des mois. Dès 2022, après l'invasion russe de l'Ukraine, l'UE avait suspendu son accord facilitant l'obtention de visas pour les citoyens russes. Bruxelles affirme que cela a fait chuter le nombre de visas délivrés aux Russes par rapport à son niveau d'avant l'invasion.
Plus tôt en juin, une dizaine de pays européens réclamaient à la Commission européenne de "nouvelles mesures restrictives et contraignantes" pour limiter le nombre de touristes russes en Europe. Parmi ces pays ne figurent ni la France, ni l'Italie ni l'Espagne, les trois pays européens accordant le plus de visas aux Russes. Ces pays considèrent que des centaines de Russes sont déjà l'objet de sanctions leur interdisant d'entrer dans l'UE, et qu'il est inutile de pénaliser les citoyens ordinaires, surtout lorsqu'ils viennent dans des pays de liberté.
Pour Ioulia Navalnaïa, la veuve de l'opposant russe Alexeï Navalny, ces restrictions donnent au contraire des arguments au Kremlin lorsqu'il dénonce l'hostilité de l'Occident à l'encontre du peuple russe. "Dans le but de favoriser la paix en Europe, il est contre-productif d'aider les autorités russes à isoler la société russe", a-t-elle ainsi écrit dans une lettre adressée en septembre 2025 à la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, avant que l'UE n'interdise les visas à entrées multiples.