"Une situation sans précédent": un rapport dévoile comment un avion-radar en feu a été contraint d'atterrir d'urgence sur le Charles de Gaulle l'an dernier
Un rapport d'enquête revient sur l'incendie qui a touché un avion de guet aérien français quelques instants après avoir décollé du porte-avions Charles de Gaulle en 2025.

C'est un entraînement qui aurait pu connaître une tournure dramatique. Lors d'un entraînement le 28 mars 2025 au large du golfe d'Aden dans le cadre de la mission "Clémenceau 25", un avion de guet aérien E-2C Hawkeye de la Marine française a été victime d'un incendie. L'équipage "s'est déclaré en situation d'urgence", selon un rapport d'enquête qui vient d'être rendu public et repéré par le média spécialisé Opex360.
L'avion-radar de 17 mètres de long et 25 mètres d'envergure et ses cinq membres d'équipage devaient réaliser un entraînement avec deux avions de chasse Rafale depuis le Charles de Gaulle qui était alors déployé entre Djibouti et le Yémen. C'est un "bruit anormal" à bord de l'appareil qui a alerté l'officier central des opérations. "Immédiatement, des flammes apparaissent au-dessus de la tête de l'officier-radar et l'officier central des opérations le signale à tout l’équipage à l’interphone de bord", poursuit le rapport d'enquête.
L'appareil "endommagé" Ce document revient en détail sur les circonstances de cet incident qui a été provoqué par une fuite hydraulique. Un incendie s'est alors "déclenché au plafond du central opérations au-dessus d'un des tacticiens", d'après le document. En raison des flammes, les membres de l'équipage ont alors dégainé leur masque à oxygène avant d'entamer "une descente d'urgence" vers le porte-avions Charles de Gaulle d'où il avait décollé quelques minutes plus tôt.
"Un tacticien maîtrise l’incendie au moyen d’un extincteur tandis que les pilotes se préparent à l’appontage", poursuit le rapport d'enquête. Une fois l'appontage sur le porte-avions réalisé, l'équipage a coupé les moteurs avant d'"évacuer l'appareil". "Les équipes de sécurité incendie du porte-avions interviennent à bord.
Les membres d’équipage sont pris en charge par l’équipe médicale. L’appareil est endommagé", concluent les enquêteurs pour qui il s'agit d'"une situation sans précédent". Les investigations montreront par la suite que l'incendie a été provoqué par "un arc électrique entre un câble d'alimentation de secours (...
) et une tuyauterie hydraulique". Il est aussi pointé "un montage anormal du faisceau de câbles à proximité de la tuyauterie hydraulique" et "la non-détection de cette anomalie lors des inspections visuelles de maintenance". Ce n'est pas le seul incident ayant émaillé cette mission "Clémenceau 25", marquée par la mort du second maître Léo Soulas.
Ce marin d'un navire d'escorte du porte-avions était tombé en mer, sans que les opérations de recherche puissent le retrouver.