Coupe du monde 2026 : à New York, des hôtels baissent leurs tarifs à cause des réservations en berne
Alors que la Fifa avait prévu que 1,2 million de supporters afflueraient durant le Mondial, les hôteliers new-yorkais n’en attendent finalement que 500.000. Dans les autres villes hôtes américaines, les taux d’occupation
La Coupe du monde 2026 de foot sera-t-elle un flop pour les hôteliers américains ? Entre prix exorbitants des billets d’avion et des places au stade, et difficultés pour obtenir un visa, les premiers signaux sont plutôt en demi-teinte. C’est «globalement une déception.
Je ne trouve pas d’autres mots», a reconnu jeudi Vijay Dandapani, patron de l’Association des hôtels de New York, interrogé par l’agence de presse Reuters. Son organisation a revu à la baisse de 60% ses prévisions de recettes hôtelières pour la Coupe du monde, les ramenant à environ 60 millions de dollars. Alors que la Fifa avait prévu que 1,2 million de supporters afflueraient dans la ville, les hôteliers de New York n’en attendent que 500.
000. Au point que certains établissements new-yorkais ont décidé de couper dans leurs tarifs, a rapporté Vijay Dandapani. À l’image du New York Hilton Midtown, le plus grand hôtel de la ville, qui a réduit de moitié ses prix pendant le tournoi par rapport à ceux annoncés en décembre, les ramenant à 415 dollars (360 euros) par nuit.
Le taux d’occupation de l’hôtel World of Blue, situé dans le grand New York, près du MetLife Stadium - qui accueillera la finale le 19 juillet prochain - varie, lui, entre 8 et 30% pour les matchs de la phase de groupes. Pour la finale, seules 4% des chambres sont d’ores et déjà réservées. Un indicateur qui montre bien que l’afflux attendu de supporters vers les villes hôtes du Mondial aux États-Unis ne s’est pas encore pleinement concrétisé.
D’autant plus que New York s’en sort relativement bien par rapport aux autres métropoles américaines, puisque la Grosse Pomme affiche le taux de réservation le plus élevé les jours de match, selon les données du cabinet d’analyses CoStar - mais loin derrière les villes hôtes mexicaines et canadiennes. Dans le bas du classement, on retrouve par exemple Atlanta, Houston, Dallas ou encore Los Angeles. «Il y a encore beaucoup de chambres disponibles dans toute la région, a récemment confié Jackie Filla, patron de l’Association des hôteliers de Los Angeles, au média local LAist.
Le nombre de visiteurs n’est pas à la hauteur des attentes pour le moment. » À l’échelle des États-Unis, selon CoStar, les réservations moyennes dans les villes hôtes n’ont augmenté que de 0,5% par rapport à 2025. Pour certaines villes, comme Atlanta ou Boston, les taux d’occupation des hôtels sont même inférieurs à ceux de l’année dernière pour certains jours de match.
» LIRE AUSSI - Qui gagnera la Coupe du monde 2026 ? Entre Nike, Adidas et Puma, la lutte des grands équipementiers s’annonce féroce Vers un «échec du boom hôtelier pendant la Coupe du monde» ? Si les autorités américaines prévoient d’accueillir plus de 5 millions de visiteurs internationaux lors des six semaines de compétition, pour un effet prévu sur le PIB américain de 17,2 milliards de dollars (15 milliards d’euros), selon une étude réalisée l’an dernier par la Fifa et l’OMC, ces chiffres pourraient au final s’avérer largement inférieures.
Début mai, déjà, une étude de l’American Hotel and Lodging Association (AHLA), la plus grande association hôtelière des États-Unis, mettait en garde contre «un possible échec du boom hôtelier pendant la Coupe du monde» . Elle montrait notamment que 80% des professionnels interrogés affirmaient que les réservations d’hôtels étaient inférieures aux prévisions initiales. Et l’association de pointer l’impact des annulations de réservations de chambres liées à la Fifa, les obstacles liés aux visas et la hausse des coûts des billets et des transports.
Toutefois, les hôteliers comptent sur les réservations de dernière minute pour inverser la tendance. À New York, Vijay Dandapani a observé récemment une légère hausse des réservations de la part des supporters britanniques et norvégiens, qu’il a qualifiée de «signal positif». Après un démarrage en demi-teinte, le secteur hôtelier a bon espoir de se rattraper lors de la phase éliminatoire, qui succédera à la phase de groupes.
«À mesure que nous approchons de la phase à élimination directe, lorsque l’on pense à ces grandes équipes comme l’Espagne, l’Argentine, l’Angleterre ou la France , qui disposent d’immenses bases de supporters, si elles se qualifient pour les phases finales et vont loin dans la compétition, nous verrons alors davantage de voyageurs dépenser plus d’argent en hôtels et en déplacements. Cela profitera aux performances de la Coupe du monde ainsi qu’au secteur hôtelier de manière générale», selon Didio Pequeno, directeur de l’analyse du marché hôtelier pour le Nord-Est et le Midwest des États-Unis chez CoStar.