"Décevante", "inutile", "paradoxale": le gouvernement déplore l'absence de la grande distribution d'une première réunion sur les prochaines négociations commerciales avec l'agro-industrie
Distributeurs et industriels étaient invités ce lundi 2 novembre à Bercy en amont de leurs négociations tarifaires annuelles. Les grandes enseignes de supermarchés ont mis leur menace de boycott à exécution.
La "politique de la chaise vide" menée aujourd'hui par la grande distribution, lors de la première réunion préparatoire de la prochaine saison des négociations commerciales qui s'est tenue ce lundi 2 novembre à Bercy, est non seulement "regrettable" et "décevante": elle est également "inutile" voire "contreproductive", ainsi que "contradictoire", "étonnante", "paradoxale". Les mots de l'entourage des deux ministres présents, Annie Genevard (Agriculture et Agroalimentaire) et Serge Papin (Commerce et Pouvoir d'achat) sont très durs vis-à-vis du choix annoncé avant le week-end par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et par Lidl, qui enflamme encore plus que d'habitude ce rendez-vous annuel toujours très tendu entre les enseignes et leurs fournisseurs de marques nationales. Cette décision est d'autant plus incompréhensible que, selon le gouvernement, les "deux exigences fondamentales" dont la FCD réclame la reconnaissance préalable ont bien été retenues par la loi d'urgence agricole adoptée cet été - qui attend néanmoins les textes nécessaires pour être pleinement appliquée.
Des négociations anticipées pour les PME Les grands distributeurs insistent en effet sur la nécessité de différencier le traitement des PME et des grandes multinationales. Or une telle distinction est prévue par la loi d'urgence agricole, qui avance la date butoir des négociations commerciales, normalement fixée au 1er mars, au 31 janvier pour les entreprises affichant un chiffre d'affaires mondial inférieur à 350 millions d'euros, observe l'exécutif. Cette anticipation, demandée par les plus petites entreprises afin de disposer d'un temps de négociations réservé, a d'ailleurs déjà été expérimentée en 2025, note-t-il.
Quant à la "transparence" sur les coûts de la matière première agricole, elle est bien la condition de l'application des clauses de révision automatique des prix prévues par la loi et approuvées par les agroindustriels comme par les grands distributeurs. Toute remise en cause des dispositions de la loi Egalim de 2022 qui prévoient la possibilité pour les industriels de se limiter à déclarer l'évolution de ces coûts et à la faire certifier par un tiers indépendant est en revanche refutée à ce stade par le gouvernement, qui invoque le secret des affaires et le contexte parlementaire défavorable. Une inflation profitable Malgré l'absence de la grande distribution, la réunion a toutefois permis de faire un "état des hausses -exogènes- des coûts" subies par les agriculteurs et par les industriels, en raison de la crise climatique et géopolitique.
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- BFM Business2 nov., 19:43
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