« Le chaos, la peur, la dette » : l’appel d’Henri Guaino pour éviter une crise financière incontrôlable
TRIBUNE - L’emballement des taux n’obéit pas qu’à une logique économique, mais aussi à des facteurs psychologiques, rappelle l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy qui s’inquiète d’un enchaînement conduisant la…
Dernier livre paru : « À la septième fois, les murailles tombèrent » (Éditions du Rocher, 2023). Il va publier Aurons-nous enfin un président ? chez Fayard, le 18 novembre 2026.
Il y avait bien longtemps que notre pays n’avait éprouvé un tel sentiment d’être au bord d’un gouffre. Sa dette publique de 3 600 milliards, 119 % de son PIB, y contribue même si les États-Unis, le Japon, l’Italie ou Singapour présentent des taux d’endettement plus élevés. Même si aucun économiste n’a jamais pu identifier une limite universelle du ratio dette publique sur PIB au-delà de laquelle un pays serait condamné à une récession ou à un défaut de paiement.
La limite de 90 % du PIB qu’avaient cru identifier deux éminents professeurs de Harvard en 2010 a été balayée par une erreur de calcul. En 2014, une étude du FMI, revenant une fois encore sur le sujet, n’a pas permis non plus d’identifier un plafond. L’Union européenne en a fixé un, on ne sait pas trop pourquoi, à 60 % du PIB, qui est dépassé aujourd’hui par 13 pays membres sur 27.
Nocive dans certains cas, la dette peut aussi être féconde. Braudel estime que la dette anglaise, passée de 20 % du PIB en 1688 à 250 % en 1815, a été l’un des facteurs de la puissance industrielle et politique de l’Angleterre de la fin du XVIIIe siècle et tout au long du XIXe. Notre dette, elle, n’est pas un facteur de puissance.
Elle n’a pas financé de l’investissement. Elle a servi à payer la facture des crises, de la désindustrialisation, toutes les fractures sociales que nos politiques publiques ont creusées dans l’économie et la société et des désordres qu’elles ont laissés s’installer. Les auteurs du rapport sur la transparence des finances publiques ont calculé que, à trajectoire inchangée, en prenant en compte la dérive spontanée des dépenses et l’augmentation de la charge d’intérêt, le ratio d’endettement atteindrait 130 % en 2030 et l’effort nécessaire pour le stabiliser, 125 milliards à l’horizon 2032.
Mais aucun banquier n’évalue la solvabilité d’un emprunteur en rapportant le montant de sa dette à son revenu annuel.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Le Figaro rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Le Figaro4 nov., 10:23
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