Mark Zuckerberg restera en Californie, même si l’Etat adopte un impôt sur la fortune inspiré par Gabriel Zucman
Les électeurs californiens voteront, le 3 novembre, sur une proposition prévoyant de mettre en place un impôt exceptionnel de 5 % sur la fortune des milliardaires.
Le 3 novembre, les Californiens seront confrontés à une proposition historique, alors que le parti progressiste présente un dispositif d’imposition exceptionnelle de cinq pour cent sur la fortune des milliardaires. Adoptée par les électeurs, l’impôt viserait avant tout les grandes fortunes, notamment celles des chefs d’entreprise technologique, mais il n’est pas limité à une catégorie précise de personnalités. Ce projet est inspiré par les travaux de Gabriel Zucman, économiste renommé, dont les recherches sur la fiscalité mondialisée ont alimenté le débat public depuis plusieurs années.
Le contexte politique de la Californie est de longue date en faveur de réformes progressistes, en particulier sur la fiscalité des hauts revenus. La proposition intervient à un moment où les inégalités économiques restent un sujet brûlant, tant dans la région nor‑orientale qu’ailleurs aux États-Unis. Les partisans de la loi argumentent que l’augmentation des recettes permettrait de renforcer les services publics – santé, éducation et infrastructures – sans recourir à la hausse des impôts de la classe moyenne.
Parmi les figures que ce projet met sous le feu des critiques, Mark Zuckerberg, principal actionnaire de Meta Platforms et résidant en Californie, apparaît souvent dans les discussions. Le langage de la proposition ne cible pas explicitement son nom ou son entreprise, mais la simple présence d’un milliardaire de l’industrie technologique de proximité rend l’élection plus sensible. Même si l’article ne prévoit pas de sanctions directes pour Zuckerberg, l’augmentation des prélèvements forts l’obligerait à reconsidérer ses stratégies de planification fiscale et d’investissements futurs dans l’État.
L’impact de cette mesure dépasserait le cas d’une seule personnalité. Un impôt de cinq pour cent serait la première instance où un État américain impose d’une façon structurée une taxe sur la fortune à cet échelle. Les entreprises de haute technologie, souvent corrélées à ces fortunes, pourraient envisager d’évaluer des gains de capitaux ou des bonus différés, anticipant une évolution réglementaire au niveau national. Ce phénomène pourrait influencer la récente diffusion de politiques de taxation progressive dans d’autres États comme New York, qui envisage un schéma similaire de prélèvement sur la valeur capitalisée des entreprises de tech.
L’un des enjeux majeurs réside dans la prééminence de la California comme un « laboratoire » de nouvelles politiques publiques. Le succès ou l’échec du vote marquerait les intentions d’une large conso‑bande d’électeurs progressistes. Si la proposition est adoptée, les responsables politiques devront s’occuper d’un mécanisme d’engagement précis afin de s’assurer de la conformité des déclarations de fortune, ainsi que d’un cadre juridique pour contrer les éventuels recours en justice.
Dans les mois qui suivront le vote, il faudra surveiller l’orientation des discussions au niveau fédéral. Une telle initiative à l’échelle de l’État pourrait stimuler une revue nationale des règles fiscales, voire inspirer d’autres gouvernements à adopter des impositions similaires. Les développeurs de stratégie de codage fiscal aident déjà à évaluer les conséquences d’un impôt de cinq pour cent sur la distribution de capital et les flux d’investissement à l’échelle macroéconomique, notamment l’impact sur le marché du travail et le positionnement compétitif de la Californie dans la course mondiale à l’innovation.
