La BCE opte pour le statu quo malgré une inflation proche des 4%: Francfort laisse ses taux inchangés mais les marchés anticipent déjà une nouvelle hausse en décembre
La Banque centrale européenne maintient ses taux inchangés, même si l'inflation en zone euro reste nettement supérieure à sa cible. Les observateurs envisagent toutefois une nouvelle hausse en décembre.
La Banque centrale européenne opte pour le statu quo. L'institution de Francfort a laissé ses taux d'intérêt inchangés jeudi, en dépit d'une inflation persistante qui approche désormais des 4%, soit presque deux fois plus que sa cible fixée à 2%. Le principal taux de la BCE reste donc à 2,5%, une décision largement attendue et en partie éclipsée par l'annonce de la démission de sa présidente Christine Lagarde, qui quittera son poste le 7 février prochain.
La BCE, dont la mission est d'assurer la stabilité des prix dans la zone euro, a déjà relevé ses taux directeurs à deux reprises cette année, en juin et en septembre, et devrait reprendre son cycle de resserrement monétaire dans les mois à venir pour tenter d'enrayer le regain d'inflation provoqué par la guerre au Moyen-Orient (+3,8% en septembre). Une première hausse est attendue par les marchés financiers dès le mois de décembre. En relevant ses taux, qui orientent ceux des banques commerciales, la Banque centrale européenne augmente le coût du crédit et ralentit l'économie, ce qui est censé limiter la contagion de la flambée de l'énergie au reste des prix.
À ce stade, la propagation reste limitée et la BCE s'estime toujours "bien placée pour faire face à l'incertitude actuelle", même si "la hausse continue des prix de l'énergie fait peser des risques à la hausse sur les perspectives d'inflation et à la baisse sur les perspectives de croissance". "Si les effets complets du choc énergétique ne se font pas encore pleinement sentir, l'inflation sous-jacente est restée globalement stable jusqu'à présent et les salaires ne présentent pas de réaction significative à ce stade", écrit la Banque centrale européenne, dans son communiqué annonçant le statu quo. Pour prendre ses décisions, la BCE doit aussi prendre en compte la situation économique.
Or, la croissance montre des signes de faiblesse dans la zone euro. L'un des indices mesurant l'activité du secteur privé a ainsi ralenti plus que prévu en octobre, en partie à cause des difficultés de la France, où l'activité dans les services a été particulièrement freinée. Cela "suggère que l’économie du bloc commence à s’affaiblir sous le poids de la hausse des prix des matières premières et du resserrement des conditions financières", estimait ainsi David Powell, l'économiste principal de Bloomberg pour la zone euro, dans une note publiée avant l'annonce de la BCE.
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- BFM Business29 oct., 14:17
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