Plus de 50 milliards de dollars de bénéfices au troisième trimestre: les géants du pétrole enregistrent des résultats records sur fond de tensions géopolitiques et de flambée des prix des hydrocarbures
ExxonMobil, Shell, Chevron, TotalEnergies et BP ont cumulé plus de 50 milliards de dollars de bénéfices nets au troisième trimestre, en hausse de 138% sur un an. Portées notamment par l'envolée des marges de raffinage…
Les cinq majors pétrogazières ont présenté jeudi et vendredi des résultats stratosphériques, avec des bénéfices nets cumulés dépassant 50 milliards de dollars, dopés par le prix des hydrocarbures, les activités de raffinage et les tensions sur le gazole, dans la foulée des conflits dans le monde. Ces bénéfices cumulés des majors étaient de 21,2 milliards de dollars entre juillet et septembre 2025, soit un bond de 138% sur un an. En tête de peloton, l'américaine Exxonmobil a publié vendredi un bénéfice net de 15,4 milliards de dollars pour le 3e trimestre, devant le britannique Shell (12,1 milliards), l'américain Chevron (9,9 milliards) et le français TotalEnergies, qui a affiché jeudi un trimestre record à 8,3 milliards de dollars.
Le britannique BP, dont les performances ont été plus modestes que ses rivaux ces dernières années, a engrangé 4,7 milliards de dollars, quadruplant son bénéfice net sur un an. C'est donc le deuxième trimestre le plus rentable de la décennie pour ces entreprises privées spécialisées dans les hydrocarbures, après le 2e trimestre 2022. Elles avaient alors engrangé 62,5 milliards de dollars, profitant de l'invasion russe en Ukraine et de la crise énergétique qui s'en est suivie.
Depuis ce deuxième trimestre record en 2022, les bénéfices nets cumulés des cinq majors se sont élevés en moyenne à 31,4 milliards de dollars par trimestre. "Un trimestre record pour l'activité de raffinage" Ces géants pétrogaziers bénéficient depuis le début de la guerre en Iran et du blocage du détroit d'Ormuz de l'envolée des prix du pétrole brut et du prix du gaz naturel. Ces derniers mois, leurs marges de raffinage ont atteint des niveaux historiques, portées par l'envolée du cours du gazole par rapport à celui du pétrole brut.
"C'est vraiment un trimestre record pour l'activité de raffinage", a ainsi souligné la directrice générale de BP Meg O'Neill vendredi, dans la lignée de ses homologues. En comparant (à périmètre constant pour chaque groupe) les résultats des divisions comprenant l'activité raffinage, l'AFP a calculé que ceux-ci avaient plus que quadruplé en un an (+347%). Tous publiés cette fin de semaine, les profits colossaux des grandes entreprise d'hydrocarbures ont rapidement été dénoncés par les associations environnementales.
Elles pointent du doigt à la fois l'effet dévastateur des activités pétrolières et gazières sur l'environnement et le réchauffement climatique, au sortir d'un été mondial inédit de par ses vagues de chaleur, mais aussi les "superprofits" faits "sur le dos" des consommateurs, alors que l'envolée des prix des hydrocarbures, gazole en tête, alimente l'inflation dans de nombreux pays. Selon une étude de Greenpeace, la hausse des prix des carburants plus forte que celle du brut aurait permis à l'industrie pétrolière d'engranger environ 36 milliards d'euros de marges supplémentaires dans l'Union européenne depuis le début de la guerre en Iran.
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- BFM Business30 oct., 19:53
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