En 2026, ils n'avaient obtenu que +0,05%: avant l'ouverture des négociations avec les distributeurs, les industriels de l'agroalimentaire espèrent cette fois-ci arracher des hausses de prix significatives
Industriels de l'agroalimentaire et distributeurs seront réunis ce lundi à Bercy à l'initiative du gouvernement, à quelques semaines de l'ouverture des négociations commerciales annuelles.
À un mois de l'ouverture des négociations commerciales annuelles, la route s'annonce déjà sinueuse jusqu'à la ligne d'arrivée. Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, distributeurs et industriels de l'agro-alimentaire mènent d'âpres discussions qui déterminent les prix des produits de grandes marques que l'on retrouve ensuite dans les rayons des supermarchés. Ces tractations tarifaires se traduisent régulièrement par des discussions difficiles – voire houleuses – entre les deux parties.
Au vu des premiers échanges, l'édition 2026-2027 ne fera pas faire exception, dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient et de l'été caniculaire qui ont renchéri les coûts de production. Pour tenter de déminer le terrain, le gouvernement réunit ce lundi après-midi à Bercy les représentants des distributeurs et des industriels pour une réunion préparatoire aux négociations – initialement prévue le 28 octobre, elle avait été reportée pour cause d'agenda des deux ministres concernés. L'objectif est de parvenir à un "pacte de responsabilité" et "d'équilibre" conciliant les enjeux de souveraineté alimentaire et de pouvoir d'achat, avait précisé en amont le ministre du Commerce, Serge Papin, hôte de la réunion avec son homologue de l'Agriculture, Annie Genevard.
L'exercice est délicat: avant même la première date fixée pour la réunion, les principaux distributeurs avaient menacés de boycotter le rendez-vous à Bercy, par la voix de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Évoquant des "préalables non négociables", elle avait appelé à davantage de "transparence" de la part des industriels concernant le coût de la matière première agricole et réclamé un traitement différencié pour les PME. De quoi susciter la colère du secteur agroalimentaire, reprochant en retour à la grande distribution de ne pas prendre en compte les surcoûts supportés par les entreprises à cause de la guerre au Moyen-Orient.
"En médecine, avant de prescrire un traitement, il faut s’entendre sur le diagnostic. Le 2 novembre, commençons par regarder les réalités économiques de nos entreprises", a estimé vendredi le président de La Coopération Agricole, Jean-Luc Duval, cité dans un communiqué. "L’an dernier nous avons connu des négociations commerciales très difficiles", dont le résultat n'était "pas tenable économiquement" pour les coopératives, a-t-il assuré, ajoutant que la guerre au Moyen-Orient et les canicules estivales ont depuis encore accru la hausse des coûts de production.
+0,05% en moyenne en 2026 Les fabricants espèrent en effet que le crû 2027 sera meilleur que le précédent. Selon le bilan de l'Observatoire des négociations annuelles, les industriels ont obtenu une hausse moyenne des tarifs de 0,05% (tous produits confondus) à l'issue des discussions achevées au 1er mars 2026, loin des 3,5% qui étaient réclamés. Certaines catégories – épicerie salée, produits frais, boissons, produits laitiers – ont connu une baisse du prix net entre –0,3% et –0,5%.
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- BFM Business2 nov., 05:59
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