GiFi a demandé son placement en redressement judiciaire, décision du tribunal de commerce le 3 novembre
En 2025, l’enseigne fondée par Philippe Ginestet en 1981 avait envisagé de réduire de 5% ses effectifs, avant d’interrompre ce plan social.
Le groupe GiFi, dont les magasins emploient 6000 personnes en France et qui connaît de grandes difficultés, a demandé vendredi 23 octobre son placement en redressement judiciaire devant le tribunal de commerce de Toulouse, ont indiqué dirigeant et représentants syndicaux à la sortie du tribunal. Le nouveau président du directoire de GiFi, Patrick Puy, a confié à la presse vouloir «protéger un maximum de salariés» et «laisse(r) au tribunal le soin de rendre sa décision» le 3 novembre, avant de refuser de s'exprimer davantage. Les quatre représentants syndicaux venus du siège social de GiFi à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) pour assister à l'audience se disaient un peu sonnés en quittant le tribunal de commerce.
«Franchement, on s'est fait assommer de chiffres», a confié Patrick Brun, secrétaire du comité social et économique (CSE) de GiFi et délégué syndical CFDT, tandis qu'une de ses collègues soulignait qu'avaient été exposés devant la juridiction «les relations et flux financiers» entre les différentes entités du groupe. «Le marché s’est nettement dégradé» «Comme vous le savez, le marché s'est nettement dégradé au cours de l'été et GiFi n'a pas été épargnée. (...
) Pour protéger l'entreprise et poursuivre son activité, nous avons décidé (... ) de solliciter l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal compétent», avait annoncé Patrick Puy aux salariés, mardi. Ce dernier, dont la nomination avait été annoncée mi-octobre, a assuré que cette procédure n'entraînerait «par elle-même aucune conséquence immédiate sur l'emploi et aucun nouveau PSE (plan de sauvegarde de l'emploi, NDLR) n'est engagé à ce stade».
Les problèmes du groupe GiFi ont commencé par un changement de système informatique raté en 2023, auquel s'est ajoutée la concurrence d'autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes internet comme Temu. En 2025, l'enseigne fondée par Philippe Ginestet en 1981 avait envisagé de réduire de 5 % ses effectifs, avant d'interrompre ce plan social. Elle s'est depuis rapprochée du distributeur alimentaire Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins, sur les plus de 500 qu'elle compte.