Christine Lagarde démissionne de la présidence de la BCE pour "reprendre une liberté de parole"
Neuf mois avant la fin de son mandat, la présidente de la Banque centrale européenne a annoncé démissionner sur les réseaux sociaux. Certains y voient une manœuvre politique pour empêcher le prochain vainqueur de…
Elle a fait son annonce en vidéo sur les réseaux sociaux jeudi 29 octobre, avec des pansements sur le visage à la suite d'une petite intervention chirurgicale. Christine Lagarde, la patronne de la banque centrale européenne, la BCE, va quitter son poste en février. Un départ anticipé de près de neuf mois avant l'expiration de son mandat.
Dans sa vidéo, elle indique qu'elle souhaite, "reprendre une liberté de parole, d’expression, d’engagement sur des sujets qui ne relèvent pas de la politique monétaire. Je sens que je dois dire des choses et je ne peux pas le faire dans ma position actuelle. " À lire aussi Hausse des taux de la BCE : quelles conséquences pour les Français ?
Il n’empêche, pourquoi partir neuf mois avant la fin de ce mandat prestigieux ? On rappelle que la BCE, est l'institution financière centrale de la zone euro. Elle a le pouvoir de relever les taux d’intérêt, de maintenir la stabilité des prix, d’émettre la monnaie et de superviser les banques.
Faut-il voir dans ce départ un lien avec la situation budgétaire de la France ? Le pays est étranglé par sa dette, avec des taux d’emprunts qui flambent. L’hypothèse d’une intervention de la BCE pour redresser les comptes fait son chemin.
Christine Lagarde cherche peut-être à éviter d’avoir à intervenir dans son propre pays pour imposer des mesures difficiles. Il ne faut pas oublier qu’elle a vécu la crise financière de 2008 quand elle était ministre de l'Économie de Nicolas Sarkozy. Elle a vu les efforts demandés à la Grèce.
Si demain la BCE vole au secours de la France, il y aura fatalement des contreparties : des mesures d’austérité, une réforme des retraites difficile, des coupes dans les dépenses… etc. Pas de carrière politique envisagéeMais est-ce que son départ n’est pas en lien aussi avec la situation politique ? C’est évidemment une option.
En quittant son poste dès février 2027, donc avant l’élection présidentielle française, elle laisse à Emmanuel Macron la possibilité de peser sur la désignation de son successeur. Avec Marine Le Pen donnée gagnante dans les sondages pour l’Élysée, certains y voient une manœuvre pour empêcher le Rassemblement national, pas toujours très pro-européen, d’avoir une quelconque influence sur la BCE. Car le mandat à la tête de la BCE dure sept ans.
Et il n'y a pas que le RN qui est soupçonneux. Jean-Luc Mélenchon y voit lui aussi une manœuvre d'Emmanuel Macron pour placer ses pions. À lire aussi La Banque centrale européenne peut-elle racheter la dette publique française, comme l'affirme La France insoumise ?
Pourquoi « Vérifié »
3 rédactions indépendantes rapportent cette information. Euronews l’a publiée en premier, 22 h avant la dernière.
- Euronews29 oct., 11:25
- France 2429 oct., 22:01
- Franceinfo30 oct., 09:53
| Éditeur Franceinfo (niveau établi) | +76 |
| Résumé détaillé | +2 |
/2026/10/30/6ae446d43d0a9340431949.jpg)