Pas de baisse des taux d’intérêt aux États-Unis : une décision plus politique qu’économique
La banque centrale américaine décide de ne pas toucher à ses taux d’intérêt. Ni hausse, ni baisse, pour ces taux qui déterminent l’évolution de l’économie. Une décision très politique à la veille des élections de…
Les taux d’intérêt, on en parle aussi beaucoup, en France et en Europe. C’est ce qui permet de réguler les aléas conjoncturels. Quand l’inflation s’envole, la tentation est grande d’augmenter les taux pour ralentir la machine.
À l'inverse, quand l’économie patine, la tentation est grande de baisser les taux pour relancer l’investissement et la croissance. Statu quo donc, mercredi 28 octobre, aux États-Unis. La Réserve fédérale américaine – l’équivalent de notre Banque centrale européenne – a voulu rester prudente.
À lire aussi Le pouvoir d'achat au cœur des midterms Cet immobilisme monétaire intervient plusieurs semaines après une hausse des taux d’un quart de point qui avait provoqué la colère de Donald Trump. Visiblement, le locataire de la Maison Blanche n’a que faire de l’inflation qui s’est accéléré le mois dernier aux États-Unis (+3,7% sur un an), en raison notamment de l’envolée des prix de l’énergie avec la guerre au Moyen-Orient, guerre contre l’Iran déclenchée par Trump lui-même. Aujourd’hui, le président américain estime nécessaire une baisse des taux pour favoriser l’économie américaine.
L’Europe indirectement piégéeFace à la poussée de l’inflation, la banque centrale ne va-t-elle pas être obligée de relever ces taux, malgré la mauvaise humeur de Trump ? La question n’est plus de savoir si la Fed va relever ses taux mais quand elle va le faire. Le gouverneur de la Réserve fédérale, Kevin Warsh – censé être indépendant du pouvoir politique mais nommé quand-même par Trump au printemps dernier – est pris entre deux feux : soit relever les taux pour lutter contre l’inflation mais en allant contre l’avis ce celui qui l'a nommé ; soit ne pas modifier sa politique monétaire pour satisfaire le président.
L’Europe se retrouve indirectement piégée dans cette affaire. Car, si officiellement elle n’aligne pas ses décisions sur les américains, la BCE observe de très près l’évolution de la situation outre-Atlantique. D’ailleurs, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne se réunit jeudi.
Va-t-on vers un relèvement des taux aux États-Unis et en Europe pour freiner l’inflation ? Cela semble logique, au risque toutefois de rendre plus cher le crédit aux ménages, freiner l’investissement, pénaliser l’immobilier et ralentir la consommation en général. Mais il est urgent d’attendre les élections de mi-mandat prévues mardi prochain avant d’appuyer sur le bouton… Les États-Unis imposent leur tempo.
Pas encore recoupée
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- Franceinfo29 oct., 07:27
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