« C’est clairement devenu la priorité numéro un » : 85 % des Français ont le sentiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé en dix ans
Selon un sondage Odoxa pour Challenges, le moral des ménages est plombé par le pouvoir d’achat. Ils plébiscitent une action sur les prix, avant les salaires.
C’est un triste record qui se confirme. Pour le deuxième mois consécutif, 90 % des Français disent ne pas avoir confiance en l’avenir économique du pays, selon le baromètre d’octobre d’Odoxa pour Challenges-Agipi-BFM Business. Même lors des crises des subprimes et du Covid, le moral n’avait pas été aussi mauvais : son niveau est au plus bas depuis vingt ans. Une tendance confirmée par l’Insee. Dans sa dernière enquête, l’indice de confiance des ménages a dégringolé à son plus faible niveau en treize ans. Cette déprime s’explique largement par l’inquiétude exprimée à l’égard du pouvoir d’achat.
En effet, 91 % des sondés estiment que la situation de l’ensemble des ménages s’est dégradée au cours des dix dernières années. Un ressenti qui aurait tendance à s’aggraver sur la période récente : 70 % des personnes interrogées pensent que le pouvoir d’achat s’est détérioré sur le demi-siècle écoulé et 83 % qu’il a diminué lors des vingt-cinq dernières années.
Habituellement, les Français sont bien plus pessimistes concernant l’avenir du pays que sur leur situation personnelle. Or, cette fois, l’écart de perception est réduit : 85 % des sondés estiment que leur propre pouvoir d’achat s’est dégradé en dix ans. « Le sujet a toujours été une préoccupation majeure, mais il est clairement devenu la priorité numéro un », observe Gaël Sliman, président d’Odoxa.
Quelles mesures pour augmenter le pouvoir d’achat ?
Pourtant, ce ressenti très sombre contraste avec la réalité des chiffres. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages a progressé en vingt ans de 13,4 % par unité de consommation. Une mesure qui permet de prendre en compte le nombre de membres du foyer et leur âge. Soit une hausse de 0,6 % par an en moyenne. Comment expliquer ce paradoxe ? « Le pouvoir d’achat a beaucoup progressé dans les années 1970, mais le rythme de hausse a nettement ralenti depuis, décrypte Gaël Sliman. Et les récentes baisses pèsent davantage dans les esprits. » De fait, pour la deuxième année consécutive, le pouvoir d’achat devrait diminuer de 0,7 % par unité de consommation, selon l’Insee. Un phénomène qui s’explique notamment par le retour de l’inflation (3,4 % sur un an), largement alimentée par la hausse des tarifs des carburants.
« On veut un vrai électrochoc en matière de pouvoir d’achat » : alors que l’inflation repart de plus belle, la question des salaires s’impose au cœur de la grève du jeudi 5 novembre
C’est donc sans surprise que les Français souhaitent majoritairement une baisse de la TVA sur ces produits (63 % y sont favorables), comme le propose Marine Le Pen. La candidate du Rassemblement national veut ramener son taux de 20 % à 5,5 %. Ou aspirent à un blocage des prix (plébiscité à 53 %), défendu par l’Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui veut plafonner le litre d’essence à 1,70 euro.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Challenges rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Challenges5 nov., 06:00
| Éditeur Challenges (niveau établi) | +76 |
| Total | 76 |
Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
