Un attentisme dévastateur. La chronique financière de Marc Fiorentino
C’est vrai. La dette, le déficit public, la hausse du pétrole et la hausse des taux d’intérêt pèsent sur notre économie. Et sur votre argent.
Mais le mal qui nous ronge depuis la dissolution de juin 2024, et encore plus à l’approche des élections, c’est l’attentisme. La France est économiquement à l’arrêt. On l’a vu cette semaine avec l’effondrement de la confiance des consommateurs et un PIB au troisième trimestre de -0,1 %.Mais on a le même son de cloche du côté des entreprises, surtout les PME et les ETI, qui ont « posé le crayon » sur les projets de développement et d’investissement.
L’explosion des faillites de petites entreprises ne va pas améliorer la situation. Quant aux investisseurs internationaux, qui ont le choix d’investir partout dans le monde et notamment aux États-Unis ou dans les pays émergents, ils préfèrent attendre. Attendre quoi ? À cette question, tous ces acteurs de l’économie répondent : les prochaines élections. En espérant que celles-ci permettront d’avoir plus de visibilité, ce qui est loin d’être une certitude.
Cette situation est dévastatrice. Elle est aussi rageante. Car même si une partie de la population et des entreprises est sous pression, de l’argent, en France ou à l’extérieur du pays, reste en attente d’investissement. Notre taux d’épargne continue à tutoyer des sommets historiques.
Les banques et les conseillers en gestion de patrimoine ne chôment pas : leurs collectes d’actifs sont spectaculaires mais s’orientent principalement sur des placements de taux, à court terme ou à moyen terme, grâce à des rendements attractifs et des garanties en capital. L’épargne financière bénéficie aussi d’un effet de stockage : les ménages qui avaient épargné pour une acquisition immobilière ne se précipitent pas pour investir. Les primo-accédants se voient souvent exclus du marché du fait de la hausse des taux, et les détenteurs de biens immobiliers qui envisageaient d’acheter plus grand préfèrent s’accrocher à leurs crédits renégociés au plus bas, autour de 1 %.
Les retraités « aisés » rechignent aux donations
Les matelas des ménages qui ont des moyens d’épargne gonflent et dorment (normal quand on parle de matelas). La situation de trésorerie des grandes entreprises est aussi très positive, à tel point que 38 % d’entre elles empruntent à des taux inférieurs à ceux appliqués à l’État. Et ne parlons pas des retraités « aisés » qui rechignent à faire des donations alors qu’ils n’ont pas de certitude sur leur retraite, ou plutôt n’en ont qu’une seule : ils seront dans le viseur des prochains gouvernements quelle que soit leur orientation politique.
Tout cet argent manque à la croissance. L’économie française a besoin que l’argent se remette à circuler. Et que les investissements reprennent. Tout cela nous coûte au moins 1 à 2 points de croissance par an. Tous ces matelas qui grossissent régulièrement et s’empilent ne demandent qu’à se déverser sur l’économie du pays. Il faudrait « juste » un peu de visibilité et de stabilité. On n’y est pas encore…
Pas encore recoupée
Seule la rédaction La Tribune rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- La Tribune2 nov., 16:00
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