Si la Côte d'Ivoire ne fait rien, sa production de cacao pourrait chuter de 20% d'ici à 2050: le premier producteur mondial veut développer des variétés plus résistantes au changement climatique
En Côte d'Ivoire, pays qui concentre 40% de la production mondiale de cacao, les producteurs locaux souffrent d'un manque de pluie chronique en raison du changement climatique. Des chercheurs développent des variétés…
Quand il ne pleut plus, "tu peux tout perdre", soupire Koffi Alexis Amani, producteur de cacao dont les plantations ont plusieurs fois dépéri sous l'effet du changement climatique en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cet or brun. Comme lui, des milliers de planteurs ont vu leurs cacaoyers flétrir, parfois mourir, depuis que les pluies sont imprévisibles, moins abondantes et que les températures montent dans ce pays d'Afrique de l'Ouest particulièrement vulnérable au changement climatique, malgré sa faible participation aux émissions mondiales de CO2. Dans ce contexte, des scientifiques du Centre national de recherche agronomique (CNRA) ont créé un cacao plus résistant au stress hydrique.
Car derrière l'enjeu climatique se jouent des intérêts économiques importants : les précieuses fèves de Côte d'Ivoire représentent 40% de la production mondiale et 15% du PIB national, et font vivre en tout quelque cinq millions de personnes, de manière directe et indirecte. La demande est croissante, notamment en Europe, qui concentre 70% des exportations de cacao ivoirien selon des données gouvernementales, possède une importante industrie de transformation et demeure le plus grand consommateur au monde de produits chocolatés. Dans l'une des stations de recherche du CNRA, à Divo (dans le sud de la Côte-d'Ivoire), des scientifiques ont pioché parmi les meilleures variétés de cacao connues et ont essayé différentes combinaisons de reproduction.
Moins de pluie et moins de floraison "Nous prenons les fleurs des parents mâles que nous venons polliniser sur les fleurs des parents femelles (... ) c'est leur descendance qui est prise", testée "en serre" et soumise à différents niveaux de stress hydrique, explique le généticien Caudou Trebissou. En parallèle, des observations sont effectuées en laboratoire, notamment pour trouver l'origine de la résistance au manque d'eau.
Le CNRA a pour l'instant créé 11 variétés, dont les résultats ont été jugés "satisfaisants", afin qu'elles soient un jour commercialisées. La recherche sur la résilience hydrique, commencée dans les années 2010, prend toutefois "du temps", note Caudou Trebissou. Et les essais, sur les plantations ou en laboratoire, sont onéreux.
Selon le ministère ivoirien de l'Environnement, qui décrit dans un rapport un climat avec "beaucoup de fluctuations depuis les années 1950", la "pluviométrie a été particulièrement déficitaire depuis les années 1980". "De 2003 à 2022, on a vu que les pluies ont baissé. On est seulement à 1.
100 et quelques" millimètres d'eau en moyenne et par an dans la région, au lieu d'une quantité située entre 1. 200 et 2. 000 mm dont ont besoin les cacaoyers, précise Maryse Assi, agronome membre de l'équipe de recherche du CNRA.
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- BFM Business31 oct., 17:04
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