Le ministre du Travail affirme qu'une hausse du Smic de 150 euros pourrait faire disparaître jusqu'à 250.000 emplois et appelle à "trouver un chemin de crête" entre syndicats et patronat
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, n'a pas encore tranché sur une éventuelle revalorisation anticipée du Smic. Alors que les syndicats réclament jusqu'à 16% de hausse et que le patronat alerte sur les…
L'augmentation du Smic n'aura pas lieu tout de suite. "Rien n'est décidé", a déclaré Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités au micro de France Inter ce matin. "Le Smic n'est pas tabou.
(... ) À ce stade, je n'ai pas de conviction, je suis dans le débat, dans la discussion. Il n'y a rien qui est décidé.
" Après avoir vu les organisations syndicales et patronales pour un premier tour de table sur une hausse du Smic, le ministre veut engager de nouvelles discussions et espère "arriver à une convergence autour du 5 novembre", date de la prochaine grève intersyndicale. Pour rappel, le Smic est le seul salaire indexé sur l'inflation et réévalué chaque année au 1er janvier. Mais le ministre de l’Économie Roland Lescure avait laissé les débats ouverts sur une revalorisation du salaire minimum avant cette date.
S'il entend que la situation actuelle en France est "difficile pour les Français", le ministre du Travail met en garde sur la "hausse du coût du travail" qu'engendrerait une telle hausse du Smic. "J'essaie que chacun des acteurs se retrouve sur un chemin de crête", a-t-il continué. Le ministre se retrouve sous la pression des syndicats qui demandent une hausse de 100 euros du Smic net pour la CFDT, soit presque 7% d'augmentation et de 150 euros net par mois pour la CGT.
"À ces niveaux-là, on touche l'emploi. Si vous augmentez les salaires, cela peut supprimer 250. 000 emplois", a rétorqué Jean-Pierre Farandou.
"Je pense que d'aller diminuer le nombre d'emplois à cette hauteur-là, ce n'est pas une bonne nouvelle, parce que les entreprises de services, notamment, peuvent répercuter cette hausse des salaires dans leurs prix, et donc, vous augmentez l'inflation. Il faut un équilibre, sinon ce sera contre-productif même au niveau social", a-t-il poursuivi, reprenant l'argumentaire du patronat. 2,5 milliards de charges supplémentaires par an Car le gouvernement se retrouve aussi sous le feu des critiques des entreprises.
Le président du Medef, Patrick Martin, avait estimé qu'une hausse de Smic ne ferait que "créer la pagaille dans les entreprises" puisqu'elle "se surajouterait" à la baisse des allègements de charges patronales prévue dans le projet de budget du gouvernement. Michel Picon, président de l’U2P, estime de son côté que le coup de pouce sur le salaire minimum pourrait coûter 2,5 milliards d’euros supplémentaires par an une charge qui pèserait surtout sur les petites entreprises qui emploient davantage de personnes au Smic. Les syndicats avaient, de leur côté, fustigé le patronat devant ces menaces, arguant qu'une hausse du salaire minimum permettrait de relancer la consommation, et donc la croissance.
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