Une revanche sur l’histoire ? Face à la descente aux enfers de Gifi, la recette gagnante de Centrakor pour rester dans la course du discount
Moins connue que Gifi, placée en redressement judiciaire ce mardi 3 novembre, l’enseigne de déco à bas prix Centrakor prospère grâce à sa centrale d’achats et un réseau agile. Elle veut devenir leader du marché.
Alors que l’enseigne Gifi a été placée en redressement judiciaire ce mardi 3 novembre, au siège de son rival Centrakor, la direction oppose un silence de carpe face à cette débâcle. Malgré quelque 500 magasins, 6 000 salariés, les efforts de cinq dirigeants en vingt mois – Patrick Puy, champion des retournements, a été appelé à son chevet le 12 octobre –, le leader de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) ne fait plus le poids. En 2025, il aurait perdu 100 millions d’euros pour 1 milliard d’euros de ventes. Bien moins connu que l’enseigne « aux idées de génie », le groupe toulousain de décoration et d’équipements à bas prix, lui, tient bon.
Sa force tient avant tout à son réseau constitué d’une centaine de magasins en propre et de quelque 370 franchisés. « Ce mix le rend plus agile et sa centrale d’achats lui donne une capacité à négocier des volumes au meilleur prix », pointe Olivier Salomon, associé chez AlixPartners. Les magasins intégrés testent les nouveaux produits et les adhérents agissent en « chefs d’entreprise », martèle le PDG de Centrakor, Olivier Rondolotto. De quoi piloter au mieux les stocks et les commandes des classiques tabourets Duvia à 19,99 euros ou de la suspension en métal Calathéa, à 39,99 euros.
Plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025
À cela s’ajoutent l’application Centrakor & Moi et son programme de fidélité (130 000 clients fin 2025), la marque de beauté Bacci ciblant la Gen Z et une quinzaine d’ouvertures cette année. De quoi justifier son slogan : « Centrakor, bien plus que de la déco ! » Pour Olivier Salomon, « le partenariat avec le Groupe JJA, puissant fournisseur de décoration et d’ameublement tendance, est l’autre carte maîtresse ». Celui-ci permet au roi du bazar de coller aux goûts de ses clients et de maintenir ses prix bas.
Qui est Philippe Ginestet, le roi déchu de Gifi ?
Olivier Rondolotto, 53 ans, n’était pourtant pas destiné au bazar. CAP de cuisine en poche, il commence par sourcer en Asie les produits pour le grossiste Europe Import avant de rejoindre en 2004 Centrakor et ses fondateurs Aimery Forzy et Jean-Philippe Bourgela. À l’époque, leur centrale d’achats bat de l’aile. Aujourd’hui, elle est la locomotive de Cargo, un conglomérat toujours indépendant créé en 1994 qui coiffe aussi C’est deux euros, Gers Équipement, Yliades ou Merch & Cie. L’an dernier avec quelque 2 800 salariés, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 567 millions d’euros et de plus d’1 milliard en intégrant les adhérents Centrakor.
Devenu PDG de l’enseigne et directeur général de Cargo, Olivier Rondolotto a réussi à faire grandir le groupe (Malin Plaisir, Michigan, Fly…) sans cannibaliser le réseau et en tenant les prix face à Action, aux plateformes chinoises Temu et AliExpress et à des acteurs en embuscade sur le terrain comme La Foir’Fouille, B & M ou Maxi Bazar.
Pas encore recoupée
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- Challenges3 nov., 12:00
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