Le Royaume-Uni risque "une hausse sans précédent du nombre d'incidents cyber" dans les mois à venir et des attaques étatiques alimentées par l'IA sur les infrastructures critiques, émanant notamment de la Chine, a averti mardi le directeur du Centre national britannique de cybersécurité (NCSC). "Pendant des décennies, nous avons collectivement réussi à nous en tirer en faisant de la technologie à moindre coût", expliquait Richard Hornen, le directeur du NCSC, à l'occasion de la présentation à Londres du rapport annuel de l'organisation. Néanmoins selon lui, ce temps est révolu, et il est temps que le Royaume-Uni et les acteurs de son économie prennent leurs responsabilités et changent de position.
"Nous pouvons être une nation où les dirigeants de toutes les organisations choisissent activement d’investir sans tarder… et où toutes les organisations font de la sécurité et de la résilience des exigences fondamentales, et non des considérations secondaires", indiquait-il. Un enjeu essentiel à ses yeux, alors qu'une vague d'attaques informatiques pourrait bientôt déferler sur son pays. La Chine et la Russie, pointées du doigt "Il est hautement probable que la Chine ait cette intention et soit la mieux placée pour utiliser l'IA dans des opérations visant nos infrastructures nationales critiques et d'autres cibles stratégiques", a affirmé Richard Horne.
D'ici 2028, il est très probable que la Chine, la Russie et d'autres États utilisent régulièrement l'intelligence artificielle dans l'espace virtuel pour atteindre leurs objectifs géopolitiques, estime cet organisme public chargé de protéger le pays contre les menaces informatiques. Le Royaume-Uni est déjà confronté à une augmentation de l'ampleur et de la rapidité de cyberattaques sophistiquées, à l'instar de celle qui a touché Jaguar Land Rover l'an dernier et fortement perturbé la production du constructeur automobile. Se préparer au pire?
Les activités "malveillantes" coûtent chaque année environ 14,7 milliards de livres (17,6 milliards d'euros) aux organisations britanniques, "un montant qui équivaut à la taille du secteur de la cybersécurité au Royaume-Uni", précise le rapport. Selon M. Horne, le défaut d'investissement dans les technologies appropriées, pour faire face à ces menaces croissantes, obligera les dirigeants à devoir s'expliquer "lorsque les rayons des magasins seront vides, lorsque les lumières ne s'allumeront pas et que des entreprises auront fait faillite".
Lundi, une cyberattaque a visé les réfrigérateurs de supermarchés de plusieurs pays européens, en faisant monter leur température, ce qui a endommagé de la nourriture. Ces attaques surviennent car "des vulnérabilités tolérées depuis bien trop longtemps peuvent désormais être découvertes et exploitées, à une échelle jusqu'alors inimaginable", avec l'aide de l'IA, a ajouté le directeur général du NCSC. Face à ces inquiétudes croissantes, le gouvernement britannique a présenté le mois dernier des projets visant à accroître le financement consacré à la sécurité de l'intelligence artificielle.
Mardi, il a annoncé une enveloppe d'environ 10 millions de livres pour aider les petites et moyennes entreprises britanniques à se protéger contre les menaces cyber.