Pouvoir d’achat : Smic, allègements de charges, grilles de branche, l'exécutif au pied du mur salarial
Alors que l'intersyndicale appelle à la grève ce jeudi 5 novembre pour exiger des revalorisations salariales immédiates, les rémunérations réelles stagnent dans le privé et reculent chez les cadres. Face aux…
L'ensemble des organisations syndicales appelle à une journée de grève et de manifestations dans les secteurs public et privé ce jeudi 5 novembre pour exiger des revalorisations salariales immédiates. Cette mobilisation s'appuie sur le constat d'une stagnation des revenus réels : à la fin du deuxième trimestre 2026, le salaire mensuel de base dans le secteur privé a progressé de 2,0 % sur un an, pour une inflation hors tabac s'établissant à 1,7 %, soit un gain effectif limité à 0,2 % en euros constants.
Le tassement touche également le haut des grilles salariales. La rémunération brute médiane des cadres du secteur privé a reculé de 1,8 % sur douze mois pour s'établir à 54 000 euros annuels en juin 2026, selon l'Apec. Seuls 46 % des cadres ont obtenu une augmentation individuelle cette année, contre 53 % en 2025, tandis que 48 % ont perçu une part variable, contre 54 % en 2024
Pour débloquer la situation sans alourdir le déficit public, le gouvernement étudie une revalorisation ciblée du salaire minimum. L'exécutif a avancé l'hypothèse d'une hausse de 15 euros bruts par mois, une option rejetée par la CFDT, qui réclame un relèvement de 100 euros nets, et par Force ouvrière, qui exige l'ouverture immédiate de négociations obligatoires.
Une intervention directe sur le barème légal comporte toutefois un risque d'écrasement des bas de grilles : au 1er janvier 2026, 2,1 millions de salariés du secteur privé non agricole, soit 11,8 % des effectifs, ont bénéficié directement de la revalorisation automatique du Smic. Selon la Dares, 14,5 % des salariés des entreprises de 10 personnes ou plus perçoivent un salaire de base inférieur à 1,05 Smic. Rehausser le plancher légal sans ajuster les minima de branche compresserait par conséquent la hiérarchie des rémunérations au niveau du salaire minimum.
Afin de desserrer cette contrainte sur les salaires moyens, le ministère de l'Économie envisage aussi une révision du profil des allègements de cotisations sociales patronales. La dégressivité actuelle des exonérations Fillon au-dessus de 1,2 Smic renchérit le coût marginal d'une augmentation pour l'employeur, créant un effet de seuil qui freine les revalorisations individuelles. Un lissage du barème entre 1,2 et 1,6 Smic réduirait l'écart entre le salaire net perçu par le salarié et le coût brut payé par l'entreprise, mais priverait les caisses de Sécurité sociale d'une partie de leurs recettes si la mesure n'est pas compensée budgétairement.
L'exécutif dispose enfin d'un levier réglementaire direct sur la négociation collective. L'article L. 2241-10 du Code du travail oblige les branches dont les minima sont dépassés par le Smic à rouvrir des discussions dans un délai de 45 jours à compter du relèvement légal. En convoquant les commissions mixtes paritaires des secteurs en retard, le gouvernement entend forcer la révision des grilles conventionnelles, notamment dans les services aux entreprises (qui regroupent 33 % des salariés au Smic) et les services aux particuliers (32 %). Les arbitrages définitifs du gouvernement sur le Smic et le calendrier des de négociation doivent être intégrés par amendement lors de l'examen du projet de loi de finances au Parlement.
Pas encore recoupée
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- La Tribune5 nov., 10:16
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