«On n’est pas là pour une opération pièces jaunes» : les syndicats intensifient la pression sur le gouvernement pour une hausse du Smic
La CFDT demande notamment «100 euros net par mois» d’augmentation pour le salaire minimum, et des négociations dans les branches pour le reste des salaires.
Un coup de pouce sur le Smic pourrait-il calmer la colère sociale ? À quelques heures d’une nouvelle mobilisation ce jeudi 5 novembre, les responsables de la CFDT et de la CGT ont à nouveau réclamé une hausse substantielle du salaire minimum et, au-delà, des augmentations des salaires dans leur ensemble. Les syndicats interprofessionnels appellent jeudi à manifester ou faire grève pour réclamer des hausses de rémunération.
Une mobilisation rejointe par les jeunes qui protestent depuis mi-septembre contre leurs conditions d’études, ainsi que par des gilets jaunes. «On demande 100 euros net par mois» d’augmentation pour le Smic, a plaidé Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, sur BFMTV, estimant qu’«il y a une forte attente sur un véritable geste significatif ». «La France est le pays européen qui a le moins augmenté son salaire minimum depuis dix ans.
Nous sommes maintenant un pays de bas salaires», a dénoncé sur LCI Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Un coup de pouce annoncé vendredi ? Le salaire minimum est le seul en France à évoluer automatiquement en fonction de l'inflation, et le gouvernement serait tenté de le revaloriser à un niveau légèrement supérieur et avant l’échéance du 1er janvier.
Il n'a pas bénéficié de coup de pouce au-delà de l’inflation depuis 2012. Le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous a affirmé jeudi sur franceinfo qu'«il y aura peut-être une mesure sur le Smic», laissant le ministre de l'Économie Roland Lescure «l'annoncer probablement» vendredi. Mais «quand on voit l'explosion du coût de la vie, ce n'est pas +0,6% sur le SMIC qui va répondre» aux attentes, a prévenu Sophie Binet.
«On n'est pas là pour une opération pièces jaunes», a ironisé la cheffe de la CGT. Des hausses de salaire généralisées réclamées Au-delà du salaire minimum, Marylise Léon comme Sophie Binet réclament des hausses de salaire. «Il n'y a pas que le Smic dans la vie (...
), lorsque l'entreprise le peut, elle doit pouvoir répondre à cette demande d'augmentation salariale», a déclaré Marylise Léon, estimant «qu'il y a des marges de manœuvre et des possibilités de travailler sur beaucoup plus de justice sociale». «Nous appelons à l'ouverture immédiate de négociations sur les salaires dans toutes les entreprises et dans toutes les branches, le patronat doit prendre ses responsabilités», a affirmé Sophie Binet. Ces dernières années, à force de revalorisations du Smic sans renégociations des grilles dans les branches, les rémunérations les plus basses ont été dépassées par le salaire minimum.
Mais pour le président de l'organisation patronale Les Entrepreneurs, Amir Reza-Tofighi, le patronat «ne peut pas en même temps [supporter une augmentation du] coût du travail et en même temps augmenter le salaire». «Tous les salaires qui sont au-dessus du Smic risquent de ne pas augmenter parce que les entreprises n'auront pas les moyens de suivre l'évolution du Smic», a-t-il déclaré sur RTL. «Je ne nie pas qu’il y a un nombre de petites entreprises qui sont en grande difficulté, a concédé Marylise Léon, mais il y a des entreprises qui se portent très bien et qui ne jouent pas le jeu de la négociation des salaires.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Le Figaro rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Le Figaro5 nov., 11:38
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