La France est 3e en Europe pour les dépenses sociales avec 32% du PIB: pourquoi les Français reçoivent-ils alors moins de prestations que les Allemands, les Danois ou les Néerlandais?
Selon Eurostat, les dépenses de protection sociale ont augmenté de près de 5% l'an passé dans l'UE. Avec l'Autriche et la Finlande, la France figure sur le podium des pays qui y consacrent le plus de moyens en…
Une augmentation de près de 5% en un an. Les pays de l'Union européenne ont consacré 5. 183 milliards d'euros à la protection sociale en 2025, soit 27,5% du PIB des 28 États membres, selon les premières estimations d'Eurostat publiées vendredi.
Avec des dépenses sociales équivalant à 32,1% de sa richesse nationale, la France demeure l'un des pays de l'UE qui y accorde le plus de moyens. L'Hexagone, deuxième en 2024, figure désormais à la troisième place, mais l'écart avec l'Autriche (32,4%) et la Finlande (32,2%) est extrêmement serré. Si la France truste depuis des années le haut de ce classement, c'est en raison de son État-providence, l'un des plus protecteurs du monde mais aussi l'un des plus coûteux.
Chaque année, le pays consacre en effet plus de 930 milliards d'euros à la protection sociale, soit 57% de la dépense publique totale. Et ce budget ne cesse de croître naturellement, notamment en raison du vieillissement de la population et de la revalorisation régulière des prestations sur l'inflation. Résultat, ces prestations sociales ont contribué à elles seules à 60% de la hausse de la dépense publique en 2025, comme en 2024, selon l'Insee.
"L'éléphant dans la pièce" Sur une longue période, c'est même davantage. Spécialiste des finances publiques et président de fipeco, François Ecalle soulignait que sur les 11 points d'augmentation du rapport de dépenses publiques au PIB entre 1975 et 2025, 8,5 étaient uniquement attribuables aux prestations sociales, soit plus de 77%. Ce constat, le ministre des Comptes publics, David Amiel, s'en est fait l'écho dans le cadre des débats budgétaires qui animent le Parlement au moment où le gouvernement cherche à ralentir la hausse des dépenses sociales: "Depuis 50 ans, 80% de l'augmentation de la dépense publique n'est pas allée dans la jeunesse, elle n'est pas allée dans les investissements d'avenir, elle est allée vers la retraite et vers la santé", a alerté le ministre.
"On a privilégié la dépense de transferts sociaux à la dépense d'investissement, c'est un choix de société", confirme Éric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management. Le problème, c'est qu'"une grande partie du déficit public est aujourd'hui due avant tout à un sous-financement des dépenses sociales", lesquelles ne sont pas compensées par les recettes "malgré des cotisations très élevées qui pèsent sur l'appareil productif", poursuit l'économiste. Avec pour résultat une fuite en avant de la "dette sociale" devenue "l'éléphant dans la pièce" selon lui au moment où les comptes publics de la France dérapent sérieusement.
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- BFM Business7 nov., 06:59
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