Malgré les attaques répétées des Houthis et la guerre avec l’Iran, les bénéfices du géant pétrolier saoudien Aramco poursuivent leur envolée (mais l’économie du royaume reste sous pression)
Malgré les attaques des Houthis et les tensions régionales, le géant pétrolier saoudien affiche des bénéfices en forte hausse, portés par la flambée des cours du pétrole, qui compense les dégâts infligés à ses…
Malmené par les attaques répétées des Houthis et éprouvé par une guerre avec l’Iran qui semble s’enliser, le géant pétrolier saoudien Aramco aurait pourtant de quoi se réjouir. Malgré les menaces pesant sur ses infrastructures et les perturbations du trafic maritime dans les détroits stratégiques d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, le groupe affiche des résultats particulièrement solides. The Economist souligne la "résilience remarquable" de la compagnie cette année.
Au troisième trimestre, Aramco a enregistré un bénéfice net de 135,9 milliards de riyals (36,2 milliards de dollars), contre environ 101 milliards de riyals à la même période l’an dernier. Ses flux de trésorerie restent particulièrement solides, malgré les perturbations qui affectent ses activités depuis le début du conflit. Cette progression s’explique notamment par la hausse des cours du pétrole, portée par les tensions régionales, mais aussi par une plus-value de 6,2 milliards d’euros issue de la cession de sa participation dans la coentreprise malaisienne PRefChem à Petronas.
Malgré ces résultats, le patron d’Aramco, Amin Nasser, a alerté sur le niveau "dangereusement faible" des stocks mondiaux de pétrole. Selon lui, leur reconstitution pourrait prendre "jusqu’à deux ans", même après la réouverture complète du détroit d’Ormuz. "Tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas entièrement rouvert et que la confiance ne sera pas rétablie, la pression s’intensifiera à la fois en amont et en aval", prévenait-il.
Une prudence également partagée par les analystes. Les turbulences du marché pétrolier fragilise l’économie saoudienne Interrogé par l’AFP, Robert Mogielnicki, chercheur à l’Arab Gulf States Institute, estime que les résultats financiers devraient être meilleurs que ceux de l’année précédente, lorsque les cours du pétrole étaient nettement plus bas, mais pourraient s’avérer moins prometteurs que ceux du trimestre précédent. Plus largement, si Aramco semble pour l’heure tirer son épingle du jeu, l’économie saoudienne subit, elle, de plein fouet les répercussions du conflit.
Malgré le soutien naval américain, qui a permis de maintenir les exportations pétrolières via le détroit d’Ormuz, l’instabilité des marchés et la volatilité des cours continuent de fragiliser le royaume. Les perspectives économiques se sont ainsi assombries: Riyad a revu à la hausse ses prévisions de pour 2026, à 245 milliards de riyals (58,2 milliards d’euros), et anticipe désormais une contraction de 3,6% de son économie, principalement sous l’effet du recul de l’activité pétrolière.
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- BFM Business7 nov., 17:32
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