« On est là pour soutenir ceux qui ont plus de difficultés. Mais pour les cadres aussi, c’est dur » : dans le cortège de la CFDT, le malaise des cols blancs
Pouvoir d’achat en recul, perte d’autonomie, inquiétudes face à l’intelligence artificielle… Dans le cortège parisien de la CFDT, ce jeudi 5 novembre, les cadres ont raconté à Challenges un malaise qui dépasse la fiche…
Certains font grève. D’autres ont posé une demi-journée de RTT. Ce jeudi 5 novembre, place de la République à Paris, des cadres de la CFDT ont enfilé leur gilet orange pour manifester contre la vie chère aux côtés des lycéens, des professions intermédiaires, des ouvriers, des fonctionnaires… Dans la foule compacte, certains portent des lunettes de soleil sur le bout du nez.
Le soleil perce entre les nuages gris du ciel parisien. « On n’a pas eu besoin de sonner la mobilisation générale, assure Anne-Florence Quintin, secrétaire nationale de la CFDT Cadres. Les militants sont venus en masse d’eux-mêmes.
» La centrale revendique quelque 100 000 cadres parmi ses 640 000 adhérents. Disséminés dans le cortège cédétiste, ils ont, comme tout le monde ici, leurs revendications. Leurs états d’âme.
« On est conscient qu’on n’est pas les plus à plaindre sur le pouvoir d’achat, estime Sylvie, la cinquantaine fringante, une écharpe rose autour du cou. On est là aussi pour soutenir les non-cadres qui ont plus de difficultés. Mais pour les cadres aussi, c’est dur.
»Le matin même, l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) a publié son baromètre annuel. En juin 2026, la rémunération annuelle brute médiane des cadres du privé, part variable comprise, s’établissait à 54 000 euros, en recul de 1,8 % sur un an. Une première depuis 2010.
L’érosion du pouvoir d’achat se lit aussi sur la durée. Entre 2017 et 2024, le salaire net moyen des cadres du privé a baissé de près de 5 % en euros constants, selon l’Insee. Salaire des cadres : découvrez la valeur de votre fonctionManifestation intersyndicale composée de la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et FSU, et des organisations lycéennes et étudiantes pour les salaires, les services publics, l’emploi et l’industrie, des moyens pour l’éducation nationale, le 5 novembre 2026 de Place de la République à Paris.
« Les cadres arbitrent aussi entre certaines dépenses »Vers 17 heures, les militants de la CFDT font du surplace. Ils attendent toujours que le cortège s’ébranle vers la place de la Nation. Les ballons aux couleurs des grandes fédérations flottent dans les airs, immobiles.
Sur des camionnettes, des baffles XXL entassés diffusent de la musique. Louise Attaque, Manu Chao, du rap, du R’n’B… Quelques militants esquissent des pas de danse pour passer le temps et se réchauffer. Il y a un parfum de la grande mobilisation contre la réforme des retraites de 2023.
Beaucoup de militants cédétistes n’avaient pas manifesté depuis. À côté de l’estafette de la CFDT agroalimentaire, une vache en plastique toise les manifestants. C’est là qu’on rencontre Valérie Delacourt, déléguée centrale de Crédit agricole SA.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Challenges rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Challenges6 nov., 09:37
| Éditeur Challenges (niveau établi) | +76 |
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Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
