"Aujourd'hui, c'est nous qui apprenons des Chinois et plus l'inverse": les constructeurs automobiles allemands ne peuvent plus se passer de la Chine mais adoptent une stratégie à double tranchant
Entre 2019 et 2025, les ventes cumulées en Chine de Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW, ont reculé de près d'un tiers, passant d'environ 5,65 millions à 3,87 millions de véhicules.
Longtemps poule aux œufs d'or pour les constructeurs automobiles allemands, la Chine est devenue un redoutable concurrent, capable de menacer leurs positions jusque sur leur marché domestique. "Jusqu'à peu après 2020, les constructeurs automobiles allemands ont tiré leurs bénéfices de la Chine. C'est désormais terminé", assure l'expert de l'automobile Ferdinand Dudenhöffer dans son livre à paraître le 17 novembre, "La nouvelle superpuissance automobile".
Entre 2019 et 2025, les ventes cumulées en Chine de Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW, ont reculé de près d'un tiers, passant d'environ 5,65 millions à 3,87 millions de véhicules, selon des calculs à partir des chiffres communiqués par les entreprises. Dans le même temps, la part de marché des constructeurs locaux en Chine est passée de 37,8% à 65,3%, selon la Fédération chinoise des constructeurs de voitures individuelles (CPCA). Cette perte de terrain sur le premier marché automobile mondial pèse lourdement sur toute la filière allemande, des constructeurs aux équipementiers comme Bosch, ZF ou Continental.
Volkswagen, qui regroupe dix marques dont VW, Audi, Porsche, Skoda et Seat, a ainsi enregistré entre juillet et septembre une perte nette de 5,8 milliards d'euros largement liée à ses difficultés en Chine. Voiture deux fois moins chère Pour de nombreux observateurs, les constructeurs allemands ont tardé à prendre la mesure de la transformation du marché chinois. "Cela venait d'une attitude élitiste, du genre 'nous sommes les meilleurs'.
On avait du mal à croire que d'autres puissent faire les choses différemment et mieux", explique une ancienne responsable de la stratégie chez Mercedes-Benz. L'erreur n'a pas seulement concerné la montée en puissance des marques locales comme BYD, Geely ou Xpeng. Les groupes allemands ont également sous-estimé la vitesse à laquelle l'électrique allait redistribuer les cartes.
En octobre 2026, 67,8% des véhicules vendus en Chine étaient électriques ou hybrides selon la CPCA. Coûts de production plus faibles et domination écrasante dans les batteries, composant le plus précieux d'un véhicule électrique : les constructeurs chinois sont parvenus à proposer des modèles compétitifs à des prix inaccessibles pour les rivaux européens. Selon Ferdinand Dudenhöffer, une berline Audi E5 Sportback produite en Chine pour le marché local coûte deux fois moins cher qu'un modèle comparable fabriqué en Allemagne.
Mais la concurrence ne se joue plus seulement sur les coûts. Derrière ces véhicules truffés d'électronique et de fonctions numériques répondant aux attentes des consommateurs chinois figurent désormais des géants technologiques comme Huawei ou Xiaomi. "La voiture du futur se conçoit en Chine, et non à Wolfsbourg, Ingolstadt, Stuttgart ou Detroit.
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- BFM Business6 nov., 11:32
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