L'autoroute A69 devient l'une des plus chère de France: mais qui décide du prix des péages en France et pourquoi l'État ne peut-il pas les faire baisser alors qu'il est propriétaire des autoroutes?
Les critiques sur le prix de l'A69, à plus de 20 euros l’aller-retour, ont relancé la question du coût de ces infrastructures. Entre les taxes de l'État, l'entretien du réseau, son exploitation et le remboursement…
Même ses partisans sont abasourdis. L'autoroute A69 entre Toulouse et Castres a ouvert ce vendredi 6 novembre au matin après quatre ans de bras de fer. Et son tarif de 20,40 euros aller-retour embarrasse jusqu'aux élus qui ont porté ce projet contesté.
"Comme les Tarnais, je me sens trahi! ", a déploré le président (PS) du département, Christophe Ramond, pourtant pro-A69 depuis le départ. À l'origine, les élus espéraient un tarif 33% moins élevé, mais un avis du Conseil d'État a remis en cause les subventions des collectivités locales et de l'État pour faire baisser le prix.
Cette situation place ainsi de l'A69 parmi les autoroutes les plus chères de France. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que le prix des autoroutes fait débat. Les concessionnaires sont régulièrement accusés, notamment dans un rapport du sénateur UDI Vincent Delahaye, d'"enrichissement disproportionné", aux dépens de la collectivité.
Le gouvernement a d'ailleurs proposé dans le budget 2027 d'augmenter la taxation des bénéfices des sociétés concessionnaires d'autoroute et d'aéroport. Seul 22% du prix du péage sert aux travaux sur les autoroutes Contrairement à une idée répandue, les sociétés d'autoroutes ne peuvent pas fixer librement leurs tarifs. En France, c'est l'État, propriétaire des autoroutes, qui décide des règles de tarification, lesquelles sont inscrites dans les contrats de concession conclus avec les entreprises chargées de construire, d'entretenir et d'exploiter les autoroutes.
Tout se joue en grande partie au moment de l'attribution de la concession. Pour une nouvelle autoroute comme l'A69, l'État organise un appel d'offres auquel répondent des entreprises candidates. Celles-ci proposent un modèle économique qui intègre le coût de construction, les dépenses d'entretien et d'exploitation, le trafic attendu, les conditions de financement et la rémunération espérée des capitaux investis.
Le tarif du péage est l'un des éléments de cet équilibre financier. Une autoroute coûteuse à construire mais relativement peu fréquentée devra généralement pratiquer des tarifs plus élevés pour permettre au concessionnaire de récupérer son investissement. À l'inverse, un axe très fréquenté peut répartir ses coûts sur un nombre beaucoup plus important d'automobilistes.
C'est notamment ce qui explique le prix élevé de l'A69. Le concessionnaire Atosca doit financer une infrastructure importante en s'appuyant sur un trafic attendu bien inférieur à celui des grands axes autoroutiers français. Le tarif a donc été défini dans le cadre de la concession, en fonction de ces paramètres économiques.
Mais ce système présente une particularité: les tarifs sont déterminés à partir de prévisions réalisées plusieurs décennies à l'avance. Si la fréquentation dépasse les attentes ou si les coûts sont finalement inférieurs aux estimations initiales, la rentabilité de l'autoroute peut être supérieure à ce qui était anticipé. D'après les derniers chiffres de l'Association des sociétés françaises d'autoroutes (ASFA), organisation qui regroupe et défend les intérêts de tous les concessionnaires, plus de 42% du prix du ticket est capté en impôts et taxes diverses.
Pas encore recoupée
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- BFM Business6 nov., 12:03
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