Vague de chaleur : la France suffoque et s’apprête à vivre un 14 juillet caniculaire
Alors que la troisième vague de chaleur de l’année a atteint son pic ce dimanche 12 juillet, la France doit encore composer avec des températures élevées à l’approche de la fête nationale.

Entre feux de forêt et embouteillages à n’en plus finir, ce week-end de grands départs en vacances s’est déroulé dans une chaleur étouffante, transformant les déplacements estivaux en véritable épreuve. Météo-France a placé 37 départements en vigilance rouge ce dimanche et ce lundi, dans un triangle dont les extrémités sont dans le Tarn au sud, le Val-d’Oise au nord et le Morbihan à l’ouest.
D’après un calcul de l’AFP à partir des données de population annuelles de l’Insee, cela concerne quelque 26 millions de Français, dont toute la région Île-de-France. L’institut météorologique national prévoit des maximales « comprend entre 37°C et 41°C » dans ces départements.
Le mercure sera très haut également là où la vigilance est orange, avec 38°C à 41°C dans le sud-ouest, entre autres. « Seuls les départements des côtes de Manche et des Hauts-de-France et une partie du Grand Est restent en dessous des 35 degrés », précise Météo-France.
Trois réacteurs nucléaires sont à l'arrêt, situés au bord de fleuves, et huit autres fonctionnant à puissance réduite, en raison de la chaleur qui règne sur la France dimanche, a indiqué l'exploitant EDF à l'AFP.
« À cause des conditions climatiques et pour respecter les arrêtés sur les rejets, et donc l'environnement », les réacteurs n°2 à Golfech, au bord de la Garonne, n°3 à Bugey, au bord du Rhône, et n°2 à Chooz, au bord de la Meuse, sont arrêtés, tandis que des « adaptations de puissance » touchent les réacteurs n°1 et 2 à Saint-Alban, n°1 et 3 dans la centrale du Blayais, n°4 et 5 à Bugey, n°1 à Chooz et n°3 à Tricastin, a détaillé l'entreprise publique.
Le Tour de France adapté face à la canicule
Le Tour de France est particulièrement affecté par ces chaleurs éprouvantes. L’étape de dimanche se déroule entre Malemort et Ussel, deux villes d’un département où le thermomètre grimpera jusqu’à 40°C dans l’après-midi, la Corrèze. Afin d’économiser un peu des organismes, les organisateurs ont supprimé 30 km de parcours, pour que cette étape ne fasse plus que 155,5 km.
« C’est un combat quotidien pour se refroidir avec de la glace et de l’eau. Je n’avais encore jamais connu ça », a affirmé le vainqueur de l’étape de samedi, le Belge Tim Merlier.
Un peu plus au sud-ouest, en Dordogne, en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, environ 5.000 foyers étaient privés d’électricité samedi soir après des orages la nuit précédente. Le gestionnaire du réseau, Enedis, a indiqué qu’ils retrouvaient progressivement le courant dimanche, avec pour objectif que les opérations soient achevées dans la soirée.
La nuit a été une nouvelle fois peu reposante dans de nombreuses régions. Météo-France a relevé à 5h00 des températures de 26°C à Bordeaux, 25°C à Angoulême, Lorient, Rennes et au Mans, 24°C à Toulouse, Nantes et Tours, 23°C à Paris.
Le début de semaine, avec la Fête nationale mardi, ne devrait pas encore donner de répit, malgré des températures « généralement en baisse ». Le préfet de police de Paris a fait annuler les très populaires bals des pompiers traditionnellement organisés dans les casernes les 13 et 14 juillet, de même que des événements sportifs prévus en plein air ou dans des lieux non climatisés.
Climatisation, nucléaire, électricité : la canicule révèle les failles industrielles et énergétiques françaises
Lundi, Météo-France prévoit « entre 32 et 36°C sur le sud-ouest, 35 à 38°C du centre-ouest vers l’est du pays, 31 à 34°C des Hauts-de-France vers l’Alsace ». Les températures seront seulement « souvent inférieures à 32°C sur les départements côtiers de la Manche », qui connaissent un été exceptionnellement chaud.
Plus de 8 000 départs de feu depuis le début de l’année
L’un des effets de cette chaleur est un fort risque d’incendie, qui concerne toutes les régions de France. « Alors que le risque d’incendies de forêt demeure élevé dans le Bas-Rhin, plusieurs départs de feu ont été constatés depuis hier » (samedi), écrivit ainsi dimanche matin sur X la préfecture à Strasbourg.
« L’usage non autorisé de feux d’artifice, un mégot jeté par terre au bord d’une route, des gravits entassés en plein soleil, ces comportements provoquant des incendies dont les conséquences peuvent être dramatiques », ajoutait-elle.
Plus de 8 000 départs de feu et 25 000 hectares de végétation partis en fumée depuis le début de l’année, selon le dernier bilan daté du vendredi 10 juillet.
La France a été durement éprouvée depuis fin mai par la répétition des canicules, qui ont provoqué une surmortalité, et montré l’inadaptation de nombreuses infrastructures aux étés différents de celles du siècle précédent.
La fréquence croissante des vagues de chaleur est un marqueur sans équivoque du changement climatique. Principalement causé par la combustion d’énergies fossiles partout dans le monde, le réchauffement continu de l’atmosphère terrestre a de lourdes conséquences sur les humains et l’ensemble des écosystèmes.