Le trajet est plus long et plus coûteux: pour contourner les frappes ukrainiennes, la Russie achemine du métal via l’Arctique pour la première fois depuis 30 ans
Face aux frappes en mer Noire et à la saturation de ses ports baltes, la Russie réactive une route commerciale arctique pour maintenir ses exportations de métaux. Un détour stratégique, mais plus long et plus coûteux.
La Russie reprend, pour la première fois depuis 1996, les exportations de fonte brute, un alliage de fer, depuis le port arctique de Mourmansk. Ce réacheminement vise à contourner les risques liés aux frappes ukrainiennes en mer Noire, qui perturbent les routes commerciales du sud du pays. Plus de 180 wagons ont acheminé le métal depuis l’Oural pour préparer un premier chargement de 65.
000 tonnes à destination de la Turquie. Ce nouvel itinéraire, qui permet à Moscou de maintenir ses exportations malgré les contraintes géopolitiques et les sanctions européennes, a toutefois un coût: le trajet maritime vers la Méditerranée est environ dix jours plus long que depuis la mer Noire, ce qui renchérit sensiblement le transport. Depuis l’été, les exportateurs russes font, en effet, face à d’importantes perturbations en mer Noire, où l’Ukraine et la Russie multiplient les frappes contre les navires pour désorganiser leurs routes commerciales.
Près de 700 frappes y ont été recensées depuis le début de l’année, selon la société de sécurité maritime Ambrey. Son analyste, Tomas Alexa, qualifie le "rythme des opérations" menées cet été de "sans précédent", dans les colonnes du Financial Times. La Russie se tourne vers l’Arctique pour ses exportations Pour maintenir ses exportations, Moscou a réorienté une partie de ses cargaisons vers les ports de la Baltique, désormais saturés, puis vers Mourmansk, dans l’Arctique.
"Cela en dit long sur les pressions que subissent les Russes en mer Noire, qui se détournent vers Mourmansk et les pays baltes", observe Tomas Alexa. Traditionnellement spécialisé dans le pétrole, le port de Mourmansk développe désormais ses activités dans l’exportation de métaux et de céréales. En octobre, le port du cercle arctique a enregistré son quatrième meilleur mois d’exportations en deux ans, selon la plateforme Kpler.
Pour accueillir les cargaisons de fonte brute, le port a dû toutefois adapter ses équipements avec des godets spéciaux et des électroaimants. Mais ce réacheminement massif entraîne de nouveaux goulots d’étranglement sur le réseau ferroviaire russe. Selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), la Russie a expédié environ 20 millions de barils de pétrole vers l’Asie via cette route maritime du Nord entre juillet et octobre 2026, soit près de 50% de plus que sur l’ensemble de l’année 2025.
Les exportations de combustibles fossiles continuent ainsi de représenter une manne financière majeure pour Moscou, générant environ 193 milliards d’euros par an, l’une des principales sources de financement du Kremlin en temps de guerre.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction BFM Business rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- BFM Business7 nov., 15:43
| Éditeur BFM Business (niveau établi) | +76 |
| Résumé détaillé | +2 |
| Total | 78 |
Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
