Alors que les prévisions macroéconomiques ne tiennent plus, à quoi servent les discussions dans l'hémicycle sur le budget ?
Les discussions budgétaires se poursuivent, lundi, à l'Assemblée nationale, sur un projet de loi de finances qui est déjà dépassé depuis les nouvelles perspectives de croissance revues à la baisse, ainsi que les…
À quoi bon discuter d'un texte qui n'est plus en adéquation avec la réalité ? Le projet de loi de finances du gouvernement a été conçu, il y a quelques mois, au début de l'été, avec des indicateurs qui apparaissent comme totalement erronés car beaucoup trop optimistes, lundi 2 novembre. La croissance a reculé, au troisième trimestre, et est passée en négatif, alors que pour construire son budget, le gouvernement s'est basé sur des chiffres de croissance positifs.
Roland Lescure, le ministre de l'Économie, a même reconnu que désormais "l'économie française est à l'arrêt". Un fort décalage aussi avec l'inflationIdem pour le prix des carburants. En juin-juillet, les auteurs du budget pensaient que la guerre au Moyen-Orient allait s'apaiser et que le baril redescendrait à un tarif autour de 80-90 dollars.
Mais c'est peine perdue : aujourd'hui, on est bien au-dessus des 100 dollars, 110 même lundi, ce qui fait que la hausse des prix sur les autres produits ne se calme pas. De plus, selon l'Insee, l'inflation s'emballe, atteignant 3,4% en octobre, alors que l'État tablait sur un peu plus de 2% pour cet automne, et un reflux à 1,7% l'an prochain. Tout cela change évidemment la donne car si on suit les indicateurs réels, en l'état, l'objectif déjà ambitieux de ramener le déficit de la France à 5% en 2027 est impossible.
À moins de revoir la copie pour trouver bien plus que la cinquantaine de milliards d'euros d'économie que contient le texte discuté actuellement dans l'hémicycle. Un taux d'emprunt à la hausse qui aggrave encore le tableauRien que la flambée des taux d'intérêt de notre dette représente plus 10 milliards d'euros qui viennent plomber le budget. Là aussi, Sébastien Lecornu avait anticipé des taux à dix ans à 4,2% cette année, 4,3% l'an prochain...
On est quasiment à un point de plus. Et pourtant, la discussion se poursuit comme si de rien n'était, ou presque. Face aux dérapages des comptes, le ministère de l'Économie évoque de nouvelles estimations à venir.
Mais étant donné la teneur tendue des débats à l'Assemblée nationale, il n'est pas question d'imposer des efforts en première lecture. D'ailleurs, la crise sociale non plus ne semble pas bousculer beaucoup les échanges entre les députés, alors que les annonces faites aux lycéens ou aux travailleurs devront bien être budgétées. Cela signifiera rogner sur d'autres postes de dépenses.
Enfin, Sébastien Lecornu fait comme s'il allait obtenir une majorité pour adopter son budget. Or, personne n'y croit. Faute de majorité, ce sera soit un 49.
Pas encore recoupée
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- Franceinfo2 nov., 09:30
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Méthode : les dépêches sont regroupées d’après les mots de leur titre et de leur résumé ; chaque rédaction compte une fois ; les chiffres sont lus tels que publiés. Rien ici n’est rédigé par une IA.
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