"Nous devons agir avant qu'une inflation élevée ne commence à paraître normale": le gouverneur de la Banque de Slovaquie juge inévitables de nouvelles hausses de taux de la BCE
Pour Peter Kazimir, gouverneur de la Banque de Slovaquie, l'envolée des coûts de l'énergie pourrait entraîner des effets de second tour qui alimenteraient un peu plus l'inflation sans intervention de la BCE.
La Banque centrale européenne (BCE) devra à nouveau relever ses taux d'intérêt pour éviter que l'inflation élevée ne se pérennise, et il est possible que les marchés sous-estiment l'ampleur des mesures nécessaires, a averti ce lundi Peter Kazimir, gouverneur de la Banque de Slovaquie. La BCE a maintenu ses taux inchangés la semaine dernière, mais depuis lors, plusieurs responsables de l'institution ont plaidé en faveur d'une nouvelle hausse des coûts d'emprunt, en plus des deux déjà adoptées en juin et en septembre, et ont demandé qu'elle soit mise en œuvre dès que possible, arguant que les coûts élevés de l'énergie pourraient entraîner des effets de second tour. "Pour moi, la question n'est plus tant de savoir si de nouvelles mesures seront nécessaires, mais plutôt combien il en faudra encore", a déclaré celui qui est également membre du Conseil des gouverneurs de la BCE et figure de proue parmi les partisans d'une politique monétaire restrictive.
"Les marchés sous-estiment peut-être encore ce qui est nécessaire. La question ne porte pas sur une seule réunion ou une seule mesure. Il s'agit de la trajectoire à suivre pour ramener l'inflation à son objectif et la maintenir à ce niveau", a-t-il ajouté.
Pas d'effets secondaires à ce stade Les marchés financiers tablent désormais sur deux à trois hausses de taux de la part de la BCE au cours de l'année à venir. Jeudi dernier, lorsqu'elle a maintenu ses taux inchangés, la BCE a invoqué l'absence d'effets secondaires sur l'inflation, une croissance salariale qui reste modérée et les risques que représente pour l'économie la hausse vertigineuse des coûts de financement. Selon Peter Kazimir, ces chiffres ne sont pas forcément aussi rassurants que certains le pensent, car les pressions sur les coûts pourraient s'accumuler avant que les entreprises ne les répercutent.
"Attendre d'avoir des certitudes ne constitue pas nécessairement une bonne politique", a-t-il dit. Il a également averti que le ralentissement de la croissance n'affaiblit pas nécessairement la hausse des prix, puisque les pressions sur les coûts s'accumulent déjà depuis des mois. "La pause de la semaine dernière n'était pas une ligne d'arrivée (...
) Nous devons agir avant qu'une inflation élevée ne commence à paraître normale", a-t-il défendu.
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- BFM Business2 nov., 12:08
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