Inflation : "La proportion de Français qui ressentent cette baisse de pouvoir d'achat est très forte", affirme l'économiste Pascale Hébel
Pascale Hébel, économiste consommation, directrice associée de CWays, est l'invitée actu du "10 minutes info" du lundi 2 novembre. Elle revient notamment sur les augmentations de prix du gaz ou de l'alimentation qui…
Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité. Louise Bernard : Avec la libération de stocks stratégiques, les prix du gasoil baissent, mais, dans le même temps, ceux du gaz repartent à la hausse.
La baisse du prix du carburant va-t-elle apporter un petit peu d'oxygène pour les automobilistes ? Pascale Hébel : Oui, tout à fait. Ça va faire à peu près 8% de baisse.
On voit que certains ont baissé de 20 centimes, d'autres de 12 centimes hier. Et en effet, certains automobilistes en ce moment se restreignent sur leurs déplacements. Donc ça va être un petit souffle d'air pour se déplacer un peu plus.
C'est une baisse qui est bienvenue. Mais, si elle ne dure pas et si, en effet, on a ces hausses qui continuent de se répercuter sur l'ensemble de l'économie, et notamment les prix alimentaires, on risque d'avoir en janvier-février de nouveau une inflation qui va continuer à augmenter. Et donc un pouvoir d'achat, il faut le rappeler quand même, on est déjà la deuxième année en 2026, c'est assez exceptionnel qu'on ait eu une baisse en 2025.
Ce n'était pas arrivé depuis 1960, c'est ça ? Tout à fait, l'enchaînement de deux années… Alors c'est vrai qu'en 2012 ça a été beaucoup plus fort, la baisse du pouvoir d'achat, mais là ce sont deux années consécutives d'une baisse de 0,4%, 0,5% sans doute en 2026. Et donc la question, c'est : est-ce que ça va baisser encore en 2027 ?
Et là, c'est vrai que ça va être dramatique parce que ça augmente les inégalités. On sait qu'en effet, les inégalités augmentent. La pauvreté n'a jamais été aussi haute.
Et donc en ce moment, on a vraiment des catégories de la population qui souffrent beaucoup. Il y a un ressenti très fort de cette crise du pouvoir d'achat. Ça, c'est aussi un enseignement marquant qu'on voit dans les études d'opinion récentes.
Ce qui a été alarmant, c'est qu'en effet, sur la confiance des ménages, le dernier indicateur de l'Insee qui est sorti sur le mois d'octobre, on a vraiment eu une chute de la perception sur cette question du pouvoir d'achat. C'est vrai que j'observe vraiment que les Français sont très en accord sur ce qui se passe réellement. On a eu un petit décalage sur le pouvoir d'achat, mais là, il y a vraiment eu un rattrapage et donc la proportion de Français qui ressentent cette baisse de pouvoir d'achat est très forte, mais ils voient aussi arriver l'inflation, c'est-à-dire qu'ils sont très lucides sur ce qui est en train de se passer.
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- Franceinfo2 nov., 10:01
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