Tous les Starbucks de Corée du Sud seront fermés pendant 3 heures lundi: après la polémique autour du "Tank Day", les employés de la chaîne vont devoir suivre un cours d'histoire
La marque américaine avait suscité un tollé le mois dernier en présentant le jour férié du 18 mai, jour du 46e anniversaire du soulèvement de Gwangju, comme le "Tank Day" pour promouvoir des gobelets réutilisables.

Starbucks tente d’éteindre la polémique. En Corée du Sud, les 2. 000 cafés exploités par la marque américaine vont fermer simultanément une demi-journée lundi pour permettre à ses salariés de suivre un cours d’histoire sur la répression de Gwangju.
Cette formation accélérée vise à répondre à l’indignation nationale provoquée le mois dernier par Starbucks, lorsque l’entreprise a présenté le jour férié du 18 mai comme le "Tank Day" pour promouvoir des gobelets réutilisables. Si cet intitulé a choqué, c’est parce qu’il évoquait les véhicules militaires utilisés contre des manifestants prodémocratie à Gwangju, le jour du 46e anniversaire du soulèvement au cours duquel 165 civils ont été tués, selon le bilan officiel que beaucoup estiment minoré. Appels au boycott Shinsegae Group, qui exploite la marque américaine Starbucks sous licence, a indiqué que le message avait été élaboré après consultation d'une IA et que les employés n'avaient "réalisé le caractère potentiellement problématique de la campagne qu'après la vive réaction du public".
Certains responsables avaient approuvé l'opération publicitaire "sans ouvrir la pièce jointe". La campagne de promotion de Starbucks a suscité un tel tollé que les appels au boycott de l’enseigne se sont multipliés et ont conduit à un "fort repli des ventes", a reconnu le groupe. Pour les salariés, la formation de trois heures "sur la conscience historique et la sensibilité sociale" consistera notamment à visionner des vidéos sur l’histoire de la Corée du Sud.
Selon la société d’analyse de données IGAWorks, ces fermetures de magasins devraient représenter un manque à gagner de 1,4 million de dollars pour Starbucks alors que la Corée du Sud constitue le troisième marché du groupe après les États-Unis et la Chine. Un responsable de Starbucks interrogé par la police Le président de Shinsegae, Chung Yong-jin, suivra lui aussi "une formation aux côtés des dirigeants de chacune des filiales" le 24 juin, a fait savoir le groupe. Le directeur général a quant à lui été limogé le jour même où le scandale a éclaté.
Cela n'a pas empêché un groupe civique de déposer une plainte contre Chung Yong-jin et d'autres cadres de l'entreprise, les accusant d'avoir violé une loi de 2016 qui interdit la diffusion de fausses informations sur la répression de 1980. La plainte évoque également diffamation et insultes. La police de Séoul a ainsi interrogé jeudi "Yang Jong-hwan, chef de l'équipe d'audit du groupe Shinsegae, en tant que témoin", a indiqué un porte-parole de l'entreprise jeudi, refusant de donner davantage de détails.
Shinsegae a déclaré espérer que les faits seraient "clarifiés rapidement et en toute transparence" et s'est engagé à coopérer avec les enquêteurs.