Forefront Concept, le troisième projet militaire de Renault qui ancre le constructeur auto dans l’industrie de défense
Renault va produire avec le groupe belge John Cockerill un drone terrestre à usage civil et militaire nommé Forefront Concept. Après les drones aériens Chorus et Toutatis, c’est déjà le troisième projet lié à la…
On connaît désormais le troisième opus de la trilogie Renault dans la défense. Après deux premiers modèles de drones aériens, le constructeur automobile a dévoilé ce mardi 3 novembre le prototype d’un robot terrestre, conçu en partenariat avec le groupe belge spécialisé dans les équipements militaires John Cockerill. La production à venir en France de ce drone au sol devrait être testée dans les prochaines semaines par des forces armées françaises.
Baptisé Forefront Concept, le véhicule sera capable d’évacuer des blessés, transporter du matériel, surveiller et protéger des sites industriels sensibles comme les centrales nucléaires, liste le directeur général de John Cockerill, Jean-Luc Maurange. Il pourra aussi mener des missions de combat dans des zones dangereuses et de lutte antidrone, puisqu’il sera équipable d’une tourelle télé opérée dotée d’une capacité de tir et d’un système de détection.
De la taille d’une voiture citadine comme la Twingo, l’engin disposera de quatre roues motrices, quatre roues directrices et deux moteurs électriques. Renault produira la plateforme dans une de ses usines françaises, dont la localisation n’a pas encore été déterminée, toujours selon une source du groupe. Quant à John Cockerill, il fournira l’ingénierie de télé opération et d’autonomie.
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Des débouchés en Ukraine et au Moyen-Orient
Forefront Concept disposera de « grandes capacités de franchissement », sera silencieux, « doté d’un rayon d’action d’environ 400 kilomètres » et capable de transporter une tonne de charge utile, d’après une source interne à Renault cité par l’AFP. S’il pourra être décliné en version civile comme militaire, ses caractéristiques en font un engin particulièrement adapté aux terrains de guerre.
Jean-Luc Maurange cite comme débouchés potentiels le Moyen-Orient, où les besoins en déminage restent importants pendant et après les multiples conflits, ainsi que le marché ukrainien, qui « vient immédiatement à l’idée ». Les drones terrestres y sont devenus indispensables dans les « kill zones » très exposées aux drones aériens, où les soldats n’ont que des chances minimes de survie. C’est ce constat, couplé à celui du retard français dans le secteur, qui a poussé la Direction générale de l’armement (DGA) à solliciter Renault en juillet 2024 pour produire des drones bon marché en masse, en mobilisant des industriels civils. Forefront Concept est composé à 70 % de composants « déjà existants sur la partie de mobilité et qui sont déjà produits en nombre », ce qui a permis de diviser son coût par dix, d’après Jean-Luc Maurange.
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Avant Forefront Concept, Chorus et Toutatis
Ce projet représente déjà le troisième projet de drones annoncé cette année par Renault. En janvier, la marque au losange s’est associée avec le français Turgis Gaillard, spécialisé dans l’aéronautique et la défense, pour développer Chorus, un drone destiné aux frappes en profondeur qui s’inspire du Flamingo ukrainien. Fabriqué sur un site de Renault au Mans, avec un rythme de production de plusieurs centaines d’unités par mois, il sera équipé d’un moteur thermique et non d’un turboréacteur, là encore pour en réduire drastiquement le coût.
Dès 2027, Renault se donne aussi l’objectif de produire 1 000 drones kamikazes Toutatis par mois. Cette munition télé opérée de courte portée, produite avec le géant français de l’armement Thales, a été dévoilée en juin. Cette fois, l’optimisation de la conception repose sur le remplacement du carbone par du plastique.
Au-delà de Renault, l’industrie militaire mobilise toujours plus des entreprises automobiles, à l’image des équipementiers français Forvia et Valeo. Le premier va assembler des drones intercepteurs en France et en Allemagne, tandis que le second fabriquera des moteurs électriques pour les drones de la start-up tricolore Harmattan AI. Et leur homologue germanique Schaeffler aide déjà le groupe français Delair à produire des drones à grande échelle.
Pas encore recoupée
Seule la rédaction Challenges rapporte cette information pour l’instant. Elle reste « source unique » tant qu’une autre rédaction ne l’a pas confirmée.
- Challenges4 nov., 16:10
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