L'économie française stagne et c'est une mauvaise nouvelle pour le budget: le ministre des Comptes publics estime qu'il va falloir faire "davantage d'efforts" que dans le texte initial
L'Insee a annoncé ce vendredi matin un recul de 0,1% du PIB au troisième trimestre après une stagnation au deuxième trimestre et une baisse de 0,2% en début d'année. Ce qui risque d'aggraver le déficit public pour…
Le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel a prévenu vendredi que le budget pour 2027 nécessiterait "davantage d'efforts" que ceux prévus dans le texte du gouvernement, après l'annonce dans la matinée par l'Insee d'un recul de 0,1% du PIB au 3ème trimestre. Le produit intérieur brut avait déjà baissé de 0,2% au premier trimestre, et stagné au deuxième. Attendu par les prévisions à +0,1%, le troisième trimestre déçoit de nouveau, et le pays est tout proche de la récession.
"La conclusion de tout ça, c'est qu'en 2026, l'économie française est à l'arrêt", a constaté le ministre de l'Économie Roland Lescure sur France Info. Objectif de déficit public de 5% Cette "mauvaise nouvelle pour la croissance économique", est une "raison supplémentaire d'avoir des efforts budgétaires", a ajouté vendredi son collègue de Bercy David Amiel, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, qui débat actuellement du projet de budget de l'État pour 2027. Car moins de croissance, c'est moins de recettes fiscales pour l'État, donc un déficit et une dette qui se creusent.
"Par rapport à ce qui a été déposé dans le texte initial nous allons devoir avoir davantage d'efforts budgétaires, pas moins. Davantage d'efforts en dépenses, davantage d'efforts en recettes", a-t-il ajouté, précisant que ces évolutions pourront être discutées au cours des débats parlementaires. "Quand on voit la dégradation de la situation économique, à laquelle s'ajoute la dégradation de la situation financière depuis l'été dernier, il faudra davantage d'efforts budgétaires", a-t-il insisté.
Dans sa copie initiale, le gouvernement défendait 43 milliards de mesures nouvelles d'efforts, martelant l'objectif d'un déficit à 5% du PIB l'an prochain. Le problème, c'est que des économies supplémentaires pourraient encore plus gripper la croissance et empêcher l'économie de repartir. Désormais, "on n’a plus de marge de manœuvre donc on va devoir consolider le budget sans croissance", ce qui "va être très compliqué et très difficile parce que tout effort supplémentaire est davantage récessif mais c’est nécessaire" car "les marchés sont attachés à l'idée qu'on ait un budget", explique Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode.
Les effets de la baisse de la croissance sur les comptes publics La contraction de l'économie au troisième trimestre fait en effet craindre un dérapage plus prononcé que prévu du déficit public en 2026, jusque-là attendu à 5,4% du PIB. "Ce sera sûrement un peu plus, ça va se dégrader car moins de croissance, c'est moins de recettes", rappelle l'économiste Sylvain Bersinger. Et le manque de dynamisme de la croissance sur les trois premiers trimestres de 2026 risque se faire sentir sur la fin d'année et l'an prochain.
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- BFM Business30 oct., 07:31
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