"Quelle fin de règne interminable" : pourquoi aucun député, même parmi les macronistes, n'a voté en faveur de la première partie du budget
L'Assemblée nationale a rejeté mercredi en première lecture la partie recettes du projet de loi de finances. Tous les élus, y compris des groupes macronistes, ont voté contre le texte. Une première dans l'histoire…
Un budget qui ne plaît à personne. Mais vraiment à personne, pas même sur un malentendu ou une maladresse d'un député à moitié endormi. La partie recettes du projet de loi de finances pour l'année 2027 a été rejetée à l'unanimité, mercredi 4 novembre, à l'Assemblée nationale : 458 voix contre, aucune voix pour et aucune abstention.
C'est la première fois qu'un tel scénario se produit dans l'histoire de la Ve République. Quelle leçon faut-il en tirer ? "C'est ce qui reste du macronisme : plus rien", commente auprès de franceinfo Eric Coquerel, président La France insoumise (LFI) de la commission des finances.
"C'est le point ultime de cette dernière année qui a été chaotique", ajoute Emmanuel Maurel, ancien candidat à la primaire de la gauche et membre de la commission. "Quelle fin de règne interminable", écrit sur X le "monsieur budget" du RN, Jean-Philippe Tanguy. "La preuve que nos institutions ne marchent plus"Du côté des macronistes, on explique cette situation par une question de culture parlementaire.
"Symboliquement, c'est l'échec de l'Assemblée nationale à travailler ensemble pour tenter de construire un budget pour les Français", juge la députée MoDem de la Nièvre Perrine Goulet. Son camarade Erwan Balanant va plus loin. "C'est la preuve que nos institutions ne marchent plus", résume l'élu du Finistère, qui souhaite de nouvelles règles pour les discussions budgétaires, estimant que celles en vigueur ne correspondent plus à la situation politique de l'Assemblée.
"La loi organique relative aux lois de finances n'est tout simplement pas adaptée à la situation actuelle, avec trois blocs au sein de l'hémicycle", conclut Arnaud Bonnet, député écologiste de Seine-et-Marne. Ce scénario inédit n'est donc pas une surprise pour le gouvernement, qui tente d'en minimiser la portée. "Une première lecture, c'est comme un tour de chauffe : tout le monde marque ses lignes rouges et veut cranter ses objets politiques", explique l'entourage de Sébastien Lecornu.
Il est en effet classique que les oppositions rejettent les budgets. C'est considéré comme l'acte le plus politique de l'année et le marqueur d'un positionnement. Au minimum, en signe de bonne volonté, des opposants peuvent s'abstenir.
En 2025, une partie du groupe PS avait même voté pour le budget de la Sécurité sociale, rappelle LCP, après la promesse de la suspension de la réforme des retraites d'Elisabeth Borne. Une telle mansuétude n'était pas espérée cette année et elle n'a pas été au rendez-vous. "Nous attendions des inflexions majeures avant l'examen de ce budget.
Il n'en a rien été (…) ; la copie amendée n'est pas plus digeste que la copie initiale", explique Estelle Mercier, députée de Meurthe-et-Moselle, spécialiste des questions budgétaires au groupe PS. "Budget Frankenstein"Il est en revanche plus baroque pour les soutiens d'un gouvernement de rejeter un texte présenté par celui-ci. D'ordinaire, une telle attitude représente un geste de défiance.
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- Franceinfo5 nov., 18:58
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