La croissance recule de 0,1 % au 3e trimestre : la France au bord de la récession
L'activité s'est contractée entre juillet et septembre, selon l'Insee. « En 2026, l'économie française est à l'arrêt », a alerté le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
Mauvaise nouvelle pour l'économie française. Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, a annoncé l'Insee, vendredi 30 octobre. Il avait stagné au deuxième trimestre (0 %) et reculé, à la surprise générale, de 0,2 % au premier.
Au total, « l'acquis de croissance » à la fin du troisième trimestre, c'est-à-dire ce que serait la croissance sur l'année si le PIB restait stable au quatrième trimestre, est de 0,2 %, rendant difficile d'atteindre les 0,5 % toujours pronostiqués par le gouvernement, et même les 0,4 % anticipés par l'Institut national de la statistique lui-même et la Banque de France.
Dans ces circonstances, « il faudrait 0,9 % de croissance au dernier trimestre pour pouvoir atteindre 0,5 % sur l'année », la prévision du gouvernement, « et 0,5 % pour atteindre 0,4 % sur l'année », la prévision la plus récente de l'Insee et de la Banque de France, a commenté vendredi auprès de la presse Marie Leclair, la cheffe du département des comptes nationaux de l'Insee.
Au premier trimestre, la croissance marquait déjà un recul de -0,2%. S'ils deviennent consécutifs, ces trimestres négatifs emmèneront l'Hexagone dans la récession.
Le recul de l'activité s'explique principalement par une forte contraction des exportations (-1,7 % après + 2,8 % au deuxième trimestre), en particulier dans les matériels de transport (-9,1 % après + 20,8 %), notamment l'aéronautique. Les importations sont pour leur part restées quasiment stables (+ 0,1 %), le tout se traduisant par une contribution négative de 0,6 point du commerce extérieur à la croissance du 3e trimestre.
La demande intérieure finale atténue cependant ce recul. La consommation des ménages progresse sur le trimestre de 0,4 % après + 0,2 % au printemps, portée notamment par les achats de véhicules électriques, le rebond des dépenses d'énergie et la hausse de la consommation de services, en particulier dans l'hébergement-restauration et les loisirs. La consommation des administrations publiques augmente également de 0,3 %.
À l'inverse, l'investissement recule encore (-0,6 % après -0,5 %), en particulier du fait d'une baisse de l'investissement en construction (-0,5 %), tandis que l'investissement en produits manufacturés chute de 1,9 %, particulièrement l'investissement en matériels de transport.
Au total, la demande intérieure contribue à l'évolution du PIB pour + 0,1 point au troisième trimestre.
Du côté de l'offre, la production manufacturière se contracte de 1,4 %, avec une baisse marquée dans les matériels de transport (-3,5 %) et l'agroalimentaire (-1,5 %). La construction recule également (-0,4 %). Les services marchands continuent en revanche de progresser (+ 0,3 %), grâce en particulier à l'information-communication, aux services aux ménages et aux services de transport.
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- La Tribune30 oct., 10:35
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