La France parmi les mauvais élèves, l'Espagne toujours en forme tandis que l'Allemagne rebondit: la croissance en zone euro a atteint 0,4% au troisième trimestre
Selon Eurostat, la croissance de la zone euro s'est élevée à 0,4% au troisième trimestre, un niveau 0,2 point supérieur aux attentes. La France dont le PIB s'est contracté entre juillet et septembre figure en bas du…
Après 0,6% au deuxième trimestre, la croissance dans la zone euro a atteint 0,4% entre juillet et septembre, selon les données d'Eurostat publiées ce vendredi. Un ralentissement certes, mais moins prononcé que ce à quoi s'attendaient les analystes (0,2%). "Malgré des vents contraires inflationnistes persistants, le résultat de la zone euro a été plus solide que prévu", a souligné Liam Daly, économiste auprès du CEBR, un centre d'études et de recherche en économie.
"L'économie de la zone euro semble ignorer la crise au Moyen-Orient", a également relevé Bert Colijn. Mais, a-t-il ajouté, "la plupart des grandes économies de la zone euro ont enregistré une croissance trimestrielle plus faible au troisième trimestre" que lors du trimestre précédent. Même si les résultats détaillés ne sont pas encore connus pour l'intégralité des 21 États membres de la zone euro, une chose est certaine : la France fait partie des mauvais élèves.
Avec une contraction de son PIB de 0,1% au troisième trimestre, l'Hexagone figure à ce stade à l'avant-dernière place, juste devant la Lituanie (-1%). Plus tôt ce vendredi, l'Insee a en effet révélé le recul surprise de l'activité tricolore au troisième trimestre alors que l'institut s'attendait à une progression de 0,1%. Principale cause : l'investissement qui s'est encore replié sous l'effet de la hausse des taux d'intérêt et probablement du climat d'incertitude lié à l'instabilité politique.
Mais surtout le commerce extérieur, avec une baisse marquée des exportations dans l'aéronautique et dans le secteur agricole. "L'économie française est à l'arrêt", a ainsi reconnu le ministre français de l'Économie Roland Lescure. La consommation des ménages (+0,4%) a en revanche tenu malgré le retour de l'inflation.
L'Espagne confirme sa bonne santé Il n'empêche, la situation française contraste avec celle de ses voisins. À l'échelle européenne, c'est l'Irlande qui s'en sort le mieux avec une croissance de 5,5% au troisième trimestre. Rappelons toutefois que le cas irlandais est particulier car le PIB du pays au trèfle, très dépendant des résultats des multinationales implantées sur son sol, peut fluctuer significativement chaque trimestre dans un sens ou dans un autre.
Hormis l'Irlande, l'Espagne tient son rang de "moteur économique" de l'Europe avec une croissance de 0,6%, comme les Pays-Bas et l'Estonie. Depuis la sortie de la crise Covid, notre voisin connaît une forte dynamique grâce à sa demande intérieure vigoureuse et ce en dépit de l'inflation élevée dans le pays, laquelle est en partie compensée par des aides du gouvernement aux ménages. Pour répondre aux pénuries de personnels dans plusieurs secteurs d'activité, l’Espagne a surtout fait appel à des centaines de milliers de travailleurs étrangers, provenant principalement d’Amérique, ce qui a dynamisé l’emploi et soutenu la demande.
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- BFM Business30 oct., 13:29
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