Paris et Berlin s’accordent pour faire du fabricant de chars KNDS « une entreprise de défense de premier plan »
La France et l’Allemagne ont annoncé lundi avoir conclu un accord sur la stratégie et la gouvernance paritaire du groupe franco-allemand KNDS, au cœur du projet de char du futur MGCS, ce qui ouvre la voie à une possible
À l’heure « d’un réarmement accéléré », l’ambition est de faire du fabricant de chars KNDS « une entreprise de défense de premier plan, en Europe et dans le monde » pour « construire une Europe plus souveraine. » Au lendemain d’Eurosatory, la France et l’Allemagne ont annoncé ce lundi avoir conclu « un accord sur la stratégie et la gouvernance de KNDS ». L'Etat français détient actuellement 50 % du capital tandis que Berlin va monter à 40 %, les deux gouvernements futurs co-actionnaires visant à terme « un actionnariat paritaire », selon le communiqué.
Au cœur du projet de char du futur MGCS (Main Ground Combat System), KNDS voit ainsi la voie s’ouvrir pour une possible introduction en Bourse. « L'Allemagne et la France décideront sur un pied d'égalité du développement d'une entreprise » Par cet accord, « les deux États sécurisent leurs droits à la fois comme actionnaires et comme États souverains », poursuit le communiqué de presse. Les principes fondateurs de cet accord reposent sur « un engagement actionnarial de long terme, la parité des droits de gouvernance, et une surveillance appropriée des sujets de sécurité ».
En outre, les deux Etats sont convenus « de revoir régulièrement leur niveau de détention actionnariale et son évolution possible. » « A l'avenir, l'Allemagne et la France décideront sur un pied d'égalité du développement d'une entreprise essentielle pour les capacités de défense européennes » a commenté, dans un communiqué séparé, la ministre allemande de l'Economie Katherina Reiche. Les négociations entre l'Etat allemand et Wegmann & Co.
, la holding regroupant les propriétaires familiaux de KNDS, avaient auparavant achoppé sur la question du prix d'entrée en bourse après que la hausse des valeurs de défense cotées en Europe, observée en début d'année, s'est inversée. Des dissensions internes ont également eu lieu au sein du gouvernement concernant la taille de la participation, certains plaidant pour un investissement plus modeste, à hauteur de 30 %. Vers l'une des plus importantes introductions en bourse en Europe de ces dernières années Née en 2015 de la fusion de Nexter Systems et de KMW (Krauss-Maffei Wegmann), il s’agit pour KNDS « d’une nouvelle étape majeure ».
L’ambition de la France et de l’Allemagne est de « renforcer la compétitivité » de l’entreprise « dans l’industrie européenne des systèmes terrestres », en lui permettant de « répondre à la forte montée en puissance de la demande européenne, en particulier celle des armées française et allemande. » Outre des chars de comabt, KNDS fournit aux armées des véhicules blindés de transport de troupes, des ponts portables et des véhicules robotisés. L’industriel devra « développer des synergies techniques et commerciales sur les produits actuels et futurs, lorsque cela est pertinent », « innover pour proposer des produits adaptés aux évolutions du secteur », « sécuriser et renforcer la chaîne d’approvisionnement européenne », et « devenir un acteur compétitif et affirmé sur le marché européen de la défense ».
L'accord entre Paris et Berlin, qui reste soumis à l'approbation du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand, ouvre la voie à KNDS, dont le siège est à Amsterdam, pour réaliser ce qui sera l'une des plus importantes introductions en bourse en Europe de ces dernières années. L'opération valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d'euros, écrit Bloomberg, avec une cotation envisagée à Paris et Francfort.