Drones kamikazes, obus pour canon Caesar, missiles sol-air... Une députée liste les munitions qui manquent le plus à l'armée de terre, malgré un investissement "colossal" promis par le Premier ministre
La rapporteure pour avis sur le budget de l'armée de terre, Anna Pic, alerte sur les stocks de munitions, une problématique "prise en compte" mais qui constitue "un facteur limitant majeur" d'après elle.
L'armée de terre française a-t-elle assez de munitions? Selon la députée socialiste Anna Pic, rapporteure pour avis sur le budget de l'armée de terre, "le niveau de stock de munitions reste un facteur limitant pour l’entraînement et le niveau de préparation opérationnelle". Bien qu'elle tire l'alarme sur cette problématique, l'élue de la Manche note que la problématique a été "identifiée et prise en compte".
Ces dernières années, les remontées sur le sujet ont été nombreuses, du rapport des députés Mirallès/Thiériot en 2022 jusqu'à l'actuelle ministre des Armées, Catherine Vautrin. Cette dernière regrettait déjà l'an dernier "un niveau de stock trop faible". Pour remédier à cela, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé en mars dernier des commandes supplémentaires de munitions d'ici 2030 pour 8,5 milliards d'euros.
Un investissement "colossal" mais "indispensable" avait alors justifié le chef du gouvernement, évoquant "une urgence" pour l'armée française. Des munitions "prioritaires" en cas de guerre Mais, tout cela prend du temps et sept mois après les annonces de Sébastien Lecornu, la problématique est toujours d'actualité. Dans son avis rendu le 22 octobre dernier, Anna Pic décrit les stocks de munitions "comme un facteur limitant majeur pour hausser le niveau de préparation opérationnelle".
"Il s’agit de trouver un équilibre entre constitution de stocks pour la haute intensité et entraînement, dans un contexte de ressources finies et d’une certaine inertie de la production industrielle", préconise la députée socialiste de la Manche. Cette dernière liste les munitions pour lesquelles les besoins sont les plus urgents, car il s'agit de celles "prioritaires dans la perspective d’un engagement de haute intensité". Ce sont des munitions téléopérées (appellées aussi drones kamikazes), des missiles antichars NLAW (pour Next generation Light Anti-tank Weapon), des missiles sol-air Mistral, des obus de 155 mm pour les canons Caesar ou encore des munitions de mortier de 120 mm.
"L’année 2027 devrait toutefois permettre d’accélérer cette remontée en puissance grâce à un effort financier de 4,1 milliards d’euros. Ces crédits doivent permettre de poursuivre les commandes et d’améliorer progressivement le niveau des stocks", précise Anna Pic.
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- BFM Business26 oct., 10:44
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