Hausse des prix du carburant : une vie «rétrécie» pour six automobilistes sur dix, selon un sondage
Moins de loisirs, moins de visites à des proches... Près de six automobilistes sur dix (58%) estiment que leur «vie quotidienne s'est rétrécie» ces derniers mois avec l'envol du prix des carburants lié à la guerre au Moyen-Orient, selon un sondage Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès dévoilé mercredi. «Ce sentiment est particulièrement marqué parmi les ménages modestes, les habitants des territoires ruraux et les personnes très dépendantes de leur véhicule pour travailler, accéder aux services ou maintenir leurs liens familiaux», souligne dans un communiqué le think thank de gauche, co-auteur d'une étude dédiée.
Celle-ci s'appuie sur des témoignages et une enquête d'opinion menée du 2 au 3 juillet auprès de 1000 personnes majeures, représentatives de la population française selon la méthode des quotas. Preuve que la voiture demeure le principal mode de transport en France, 71% des sondés s'en disent dépendants au quotidien. Parmi les 912 personnes interrogées possédant au moins une voiture, plus de la moitié (54%) assure avoir, «au cours des derniers mois», renoncé au moins une fois «à une sortie de loisirs (restaurant, cinéma, café, spectacle...
) en raison du prix du carburant», une proportion qui grimpe à 65% pour les catégories «modeste» et «pauvre». Des aides insuffisantes Près d'une personne sur deux a en outre déjà renoncé à rendre visite à un proche (47%), ou a déjà dépensé «moins de 30 euros» à la pompe «faute de pouvoir faire un plein plus important» (46%), et 18% ont reporté ou renoncé à au moins un rendez-vous médical. Plus largement, 70% des sondés jugent «insuffisantes» les aides des pouvoirs publics face aux prix des carburants, et 9% n'en ont «pas entendu parler».
Si près de trois répondants sur dix (27%) ne prévoyaient pas de partir en vacances, 32% ont modifié leurs projets dans ce domaine - 13% ont renoncé à partir et 19% partent «moins loin» ou «moins longtemps». «Au-delà de la baisse du pouvoir d'achat, l'augmentation durable du prix des carburants transforme profondément les modes de vie et les possibilités de déplacement de millions de Français», nourrissant «un sentiment de frustration et de relégation», résume la Fondation Jean-Jaurès. Les prix du carburant, qui avaient baissé à la suite d'un accord de paix mi-juin entre l'Iran et les États-Unis, sont repartis à la hausse avec la reprise des hostilités le 7 juillet.